Arme héritée : que faire, et dans quels délais
Publié le · 15 min de lecture · Anthony Baillon
Vérifié par un armurierUne arme reçue en héritage se déclare sans délai sur le compte SIA si vous voulez la garder. Vous avez ensuite trois mois pour la déposer chez un armurier, et douze mois pour obtenir l'autorisation. Si vous ne la gardez pas, aucune déclaration : trois mois pour vous en dessaisir.
Le droit ne traite pas l'héritage d'une arme comme une liste d'options, mais comme un chemin avec des dates. C'est ce que les pages qui traitent le sujet manquent presque toutes : elles énumèrent ce qu'on peut faire, sans dire à partir de quand chaque horloge se met à tourner. Or ce sont ces points de départ qui décident, et deux d'entre eux ne partent pas du même événement.
La première question n'est pas juridique. Avant tout délai, il faut savoir ce qu'on a : la catégorie commande la totalité du parcours. Une arme dont le modèle est antérieur au 1er janvier 1900 ne suit pas le même régime qu'une carabine de chasse, qui ne suit pas celui d'une arme de poing. Si le classement n'est pas certain, lisez d'abord les quatre catégories d'armes.

Arme héritée : les trois issues possibles
Tout part d'un choix binaire, et il gouverne le reste : voulez-vous conserver l'arme ? Le code organise deux parcours entièrement distincts, et la principale erreur consiste à emprunter le mauvais.
- Vous la gardez : vous déclarez la mise en possession sans délai, puis vous entrez dans un parcours de régularisation dont les échéances dépendent de la catégorie.
- Vous ne la gardez pas : vous n'avez rien à déclarer, et vous vous dessaisissez dans les trois mois de la mise en possession.
- Vous ne savez pas encore : le temps court quand même. Le délai le plus court est celui du dessaisissement, et il part de la mise en possession — pas du jour où vous vous décidez.
Trois issues, et ce que chacune exige vraiment
Nombre d'étapes distinctes imposées par les textes à l'héritier, du jour de la mise en possession jusqu'à la régularisation, hors démarches propres à l'autorisation elle-même
Le décompte suit les obligations écrites dans les articles cités, sans y ajouter les démarches internes à l'autorisation — avis de la fédération, séances contrôlées, certificat médical de l'autorisation — qui relèvent d'un autre parcours et sont traitées dans l'article consacré à l'autorisation de catégorie B24.
Voir les données
| Issue | Étapes | Le point qui coince |
|---|---|---|
| Garder — catégorie A ou B | 5 | Le dépôt chez l'armurier sous 3 mois, presque toujours ignoré |
| Garder — catégorie C | 3 | Le certificat médical de moins d'un mois, à joindre sous 3 mois |
| Ne pas garder | 2 | Le délai court depuis la mise en possession, pas depuis une déclaration |
Déclarer la mise en possession, sans délai
Pour les armes de catégorie A ou B, l'article R312-51 est explicite : « Toute personne mise en possession d'une arme […] de catégorie A ou B […] et qu'elle souhaite conserver, déclare cette mise en possession sans délai par l'intermédiaire du compte individualisé mentionné à l'article R. 312-91 »2. Pour la catégorie C, l'article R312-55 emploie la même formule, et vise de la même manière les armes « trouvées par elle ou qui lui sont dévolues par voie successorale »3.
« Sans délai » n'est pas une figure de style : c'est l'absence de délai, donc l'impossibilité d'attendre. En pratique, cela suppose d'avoir un compte SIA — et une succession n'attend pas que vous en ouvriez un. La marche à suivre est décrite dans notre guide du compte SIA et du râtelier numérique.
Ce que la déclaration déclenche. Elle ne régularise rien à elle seule : elle ouvre le compteur des douze mois. C'est un point que la rédaction du code rend contre-intuitif, puisque le même alinéa porte les deux idées.
Trois mois pour déposer l'arme chez un armurier
C'est l'obligation la plus souvent ignorée de tout le parcours, et son manquement est sanctionné sèchement. Le même article R312-51 dispose que l'arme « est déposée auprès d'un professionnel mentionné à l'article L. 313-2 autorisé pour la catégorie correspondante et inscrite à ce titre au livre de police dématérialisé […] au plus tard trois mois à compter de la déclaration prévue au premier alinéa. À défaut, le préfet en ordonne le dessaisissement »2.
Autrement dit : l'arme ne reste pas chez vous pendant que vous montez votre dossier. La fiche officielle F11629, vérifiée le 6 janvier 2025, décrit le même mécanisme et précise ce que le code ne dit pas — l'armurier conserve l'arme pendant un an, échéance avant laquelle l'autorisation doit être obtenue1.
Deux délais de trois mois, deux points de départ. Celui du dépôt chez l'armurier court depuis la déclaration. Celui du dessaisissement de l'héritier qui ne garde pas l'arme court depuis la mise en possession4. Confondre les deux fait perdre plusieurs semaines, et c'est la confusion la plus fréquente sur ce sujet.
Une réserve mérite d'être signalée plutôt que tranchée : le texte ne dit pas si ce dépôt s'impose aussi à l'héritier déjà titulaire de l'autorisation et dans ses quotas. La phrase est logée dans un alinéa qui s'ouvre par « le cas échéant », et cette rédaction laisse la question ouverte. Dans ce cas précis, la seule bonne méthode est de faire confirmer le point par son service armes avant de garder l'arme chez soi.
Douze mois pour obtenir l'autorisation
Le délai de douze mois est celui que tout le monde connaît, et il est presque toujours mal placé. Il ne court pas depuis le décès ni depuis la mise en possession, mais depuis votre déclaration, et il ne sert qu'à deux choses : remplir les conditions nécessaires à l'obtention de l'autorisation, ou vous mettre en conformité avec les quotas2.
Les délais de l'arme héritée, selon ce que vous en faites
En jours ; parcours d'un particulier mis en possession par succession, d'après les articles du code de la sécurité intérieure et la fiche officielle citée dans l'article ; trois mois comptés pour 90 jours, douze mois pour 365
La déclaration est due « sans délai » par l'article R312-51 pour les catégories A et B2 et par l'article R312-55 pour la catégorie C3 : elle ne se compte pas en jours, d'où sa valeur nulle ici. Le dépôt chez un professionnel au plus tard trois mois après la déclaration et le délai de douze mois pour remplir les conditions viennent du même article R312-512 ; la fiche F11629, vérifiée le 6 janvier 2025, décrit les mêmes échéances et ajoute que l'armurier conserve l'arme un an1. Les trois mois de l'héritier qui ne conserve pas l'arme courent, eux, à compter de la mise en possession et non de la déclaration (article L312-4)4.
Voir les données
| Échéance | Délai | Point de départ | Qui est concerné |
|---|---|---|---|
| Déclaration de mise en possession | Sans délai | La mise en possession | Celui qui veut conserver l'arme, toutes catégories |
| Dépôt chez un professionnel | 3 mois | La déclaration | Catégories A et B, tant que les conditions ne sont pas remplies |
| Certificat médical | 3 mois | La déclaration | Catégorie C, sans permis de chasser, licence ni carte de collectionneur |
| Dessaisissement de l'héritier qui ne garde pas | 3 mois | La mise en possession | Celui qui ne souhaite pas conserver l'arme |
| Régularisation complète | 12 mois | La déclaration | Catégories A et B, pour obtenir l'autorisation ou rentrer dans les quotas |
Ce parcours-là n'est pas propre à l'héritage : c'est celui de n'importe quelle demande d'autorisation de catégorie B, avec son avis fédéral et ses séances contrôlées de pratique du tir. Il est détaillé dans notre guide de l'autorisation de catégorie B, et il n'y a aucune raison de le refaire ici.
Si, au terme des douze mois, les conditions ne sont toujours pas remplies, deux issues seulement : vous vous dessaisissez selon les modalités des articles R312-74 et R312-75, ou vous faites neutraliser l'arme2. Le dépôt chez l'armurier était une étape du parcours, il n'en est pas la sortie.
Catégorie C héritée : le certificat sous trois mois
Le régime est plus léger, et la procédure de déclaration est celle de n'importe quelle arme soumise à déclaration — nous l'avons détaillée dans déclarer une arme de catégorie C.
Une seule échéance s'ajoute pour l'arme héritée ou trouvée : un certificat médical de moins d'un mois, attestant que votre état de santé physique et psychique n'est pas incompatible avec la détention de cette arme, à joindre à la déclaration dans un délai de trois mois. Passé ce délai sans certificat, le préfet ordonne le dessaisissement31.
La dispense se lit dans votre compte, pas dans votre tiroir. Vous en êtes dispensé si la copie de l'un de ces titres figure déjà dans votre compte SIA : permis de chasser accompagné d'un titre de validation, licence en cours de validité d'une fédération délégataire pour le tir, le ball-trap ou le biathlon, ou carte de collectionneur3. Une licence valide mais non déposée au SIA ne dispense de rien.
Se dessaisir d'une arme héritée : quatre voies
Si vous ne souhaitez pas conserver l'arme, le chemin est plus court qu'on ne le croit — et il ne passe pas par le SIA. L'article L312-4 impose de s'en défaire « dans un délai de trois mois à compter de la mise en possession »4, et le code dispense expressément l'héritier qui ne conserve pas l'arme de la déclarer au préalable sur son compte individualisé5.
Les modalités sont limitativement énumérées par l'article R312-74, et elles sont quatre :
- La vente à un armurier ou à un particulier, dans les conditions prévues par le code.
- La destruction par un armurier — une prestation qui peut être facturée1.
- La remise à l'État, aux fins de destruction ou de valorisation.
- Le dépôt auprès d'un armurier désigné par l'État et agissant sous son contrôle, en vue de cette remise.
Le dépôt-vente n'est pas un dessaisissement. Confier l'arme à son armurier pour qu'il la vende ne figure pas dans cette liste : ce qui vous met en règle, c'est la vente une fois conclue, et sa preuve envoyée dans le délai. L'arme est déposée, on se croit quitte, et le délai continue de courir sur une vente qui n'a pas eu lieu.
La preuve compte autant que le geste. Le détenteur doit adresser au préfet de son département le justificatif du dessaisissement, au plus tard à l'expiration du délai ; à défaut, le préfet informe le procureur de la République6. Un dessaisissement accompli mais non prouvé se traite comme un dessaisissement non fait.
Remettre l'arme à la gendarmerie
C'est la voie que cherchent la plupart des héritiers, et elle existe : la fiche officielle la range parmi les possibilités, en la décrivant comme la remise au commissariat ou à la brigade de gendarmerie1, ce que le code formule comme la remise à l'État aux fins de destruction ou de valorisation6.
Deux précautions valent d'être rappelées, parce qu'elles ne relèvent pas du droit mais du bon sens : on ne se présente pas dans un commissariat avec une arme sans avoir prévenu, et on ne transporte pas une arme sans motif légitime. Le transport suppose une arme rendue non immédiatement utilisable — un dispositif technique, ou le démontage d'un élément — et le trajet vers l'autorité qui va la recevoir se prépare par un appel préalable.
Faire neutraliser l'arme héritée
La neutralisation est une issue, mais elle n'est pas ouverte à tout le monde, et c'est une subtilité que presque aucune page ne relève. Le code ne l'offre qu'à l'héritier qui avait déclaré vouloir conserver l'arme et qui, au terme des douze mois, ne remplit pas les conditions requises : celui-là se dessaisit selon R312-74 et R312-75 « ou fait neutraliser l'arme »2. L'héritier qui ne veut pas conserver l'arme, lui, n'a que les quatre modalités de R312-74 — et la neutralisation n'en fait pas partie.
Deux points pratiques à connaître avant d'envisager cette voie :
- Aucun armurier ne neutralise une arme. L'opération est effectuée par le Banc national d'épreuve de Saint-Étienne, autorité désignée pour cela. Un armurier peut détruire une arme — c'est la deuxième modalité de dessaisissement — mais détruire n'est pas neutraliser.
- Une arme neutralisée reste classée. Elle bascule en catégorie C 9° et reste soumise à déclaration7 : la neutralisation déclasse, elle n'efface pas.
Arme trouvée dans un grenier : mêmes règles
Le code place la découverte et la succession sur le même plan, dans la même phrase : les articles R312-51 et R312-55 visent l'arme « trouvée par elle ou qui lui est dévolue par voie successorale »23. Mêmes délais, mêmes issues, même point de départ.
La difficulté est ailleurs : elle est d'identifier ce qu'on a trouvé. Une arme de grenier n'a ni facture ni certificat, et son classement dépend de caractéristiques qui ne se lisent pas au premier coup d'œil — le mode de fonctionnement, la longueur du canon, la capacité, le calibre, et la date du modèle. C'est ce qui fait de l'identification la vraie première étape.
Les erreurs qui coûtent le plus cher
- Attendre pour déclarer. La déclaration est due sans délai, et rien ne commence avant elle. Attendre le règlement de la succession n'est pas prévu par le texte.
- Garder l'arme chez soi pendant les douze mois. L'obligation de dépôt sous trois mois est dans la même phrase que le délai de douze mois, et elle se lit une fois sur deux.
- Confondre les deux points de départ. Trois mois depuis la déclaration pour le dépôt ; trois mois depuis la mise en possession pour le dessaisissement.
- Croire au dépôt-vente. Ce qui régularise, c'est la vente conclue et prouvée dans le délai.
- Craindre la confiscation. Aucun texte ne prévoit d'abandon d'office à l'État au terme des douze mois. Cette crainte fait brader des armes qui pouvaient se vendre.
- Oublier la conservation. Une arme régulièrement détenue doit être rangée selon les règles de sa catégorie : voir ce que la loi exige d'un coffre-fort.
Le règlement en vigueur fait foi. Cet article cite les textes applicables à la date du 11 août 2026 — articles, numéros de décret et dates de vérification des fiches officielles compris. Le droit des armes évolue vite. Avant toute démarche, vérifiez la version en vigueur des articles R312-51, R312-55 et R312-74 sur Légifrance, et rapprochez-vous du service armes de votre préfecture : lui seul se prononce sur votre situation.
Sources 7 références
Chaque article du code de la sécurité intérieure a été relu dans sa version en vigueur, et chaque élément de procédure croisé avec la fiche officielle correspondante, citée avec sa date de vérification. Les articles cités verbatim proviennent du corpus réglementaire vérifié d'Oplo, établi contre le code de la sécurité intérieure consolidé au 5 septembre 2025 puis contrôlé sur Légifrance. Cliquez un appel de note dans le texte pour surligner la source correspondante.
- Service-Public (DILA) — fiche F11629, « Comment faire si l'on trouve ou si l'on hérite d'une arme ? », vérifiée le 6 janvier 2025 : déclaration au SIA, remise de l'arme de catégorie A ou B à un armurier dans les trois mois suivant la déclaration, conservation par l'armurier pendant un an avant l'obtention de l'autorisation, certificat médical de moins d'un mois à fournir sous trois mois pour la catégorie C en l'absence de permis de chasser, de licence sportive ou de carte de collectionneur, et énumération des possibilités de dessaisissement dont la remise au commissariat ou à la brigade de gendarmerie et la destruction facturable par un armurier.
- Légifrance — article R312-51 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur depuis le 29 juin 2024 : déclaration « sans délai » de la mise en possession d'une arme de catégorie A ou B par l'intermédiaire du compte individualisé de l'article R. 312-91 ; délai de douze mois à compter de cette déclaration pour remplir les conditions de l'autorisation ou se mettre en conformité avec les quotas ; dépôt de l'arme auprès d'un professionnel de l'article L. 313-2 autorisé pour la catégorie correspondante et inscription au livre de police dématérialisé « au plus tard trois mois à compter de la déclaration », à défaut de quoi le préfet en ordonne le dessaisissement ; au terme des douze mois, dessaisissement selon les articles R. 312-74 et R. 312-75 « ou » neutralisation de l'arme.
- Légifrance — code de la sécurité intérieure, sous-section « Armes soumises à déclaration », articles R312-52 à R312-63 : R312-55 (déclaration « sans délai » par le compte individualisé de l'arme de catégorie C « trouvée par elle ou qui lui est dévolue par voie successorale » ; certificat médical de moins d'un mois joint à la déclaration dans un délai de trois mois, à défaut de quoi le préfet ordonne le dessaisissement ; dispense pour le titulaire de l'un des titres du premier alinéa de R312-53) et R312-55-1 (dessaisissement sans déclaration préalable pour qui ne souhaite pas conserver l'arme). R312-53 énumère les titres admis : permis de chasser accompagné d'un titre de validation, licence en cours de validité d'une fédération délégataire pour le tir, le ball-trap ou le biathlon, carte de collectionneur.
- Légifrance — code de la sécurité intérieure, article L312-4, alinéa 3 : « Quiconque devient propriétaire par voie successorale ou testamentaire d'une arme, d'un élément d'arme ou de munitions de catégorie A ou B, sans être autorisé à la détenir, doit s'en défaire dans un délai de trois mois à compter de la mise en possession, dans les conditions prévues à l'article L. 314-2. » Le point de départ est la mise en possession, et non la déclaration.
- Légifrance — code de la sécurité intérieure, article R312-51-1 : la personne mise en possession d'une arme de catégorie A ou B par succession ou par découverte et qui ne souhaite pas la conserver s'en dessaisit selon les modalités de l'article R. 312-74, sans avoir à la déclarer au préalable par l'intermédiaire de son compte individualisé. L'article R312-55-1 pose la même règle pour la catégorie C.
- Légifrance — code de la sécurité intérieure, articles R312-74 et R312-75 : quatre modalités de dessaisissement en vigueur — 1° vente à un armurier ou à un particulier, 3° destruction par un armurier, 4° remise à l'État aux fins de destruction ou de valorisation, 5° dépôt auprès d'un armurier désigné par l'État et agissant sous son contrôle aux fins de la remise du 4° ; le 2° est abrogé. Délai de trois mois à compter de la notification de la décision de dessaisissement, que le préfet peut réduire en cas de risque pour l'ordre public ou la sécurité des personnes. Le détenteur adresse au préfet de son département le justificatif du dessaisissement au plus tard à l'expiration du délai ; à défaut, le préfet informe le procureur de la République.
- Légifrance — article R311-2 du code de la sécurité intérieure, classement des armes : rubriques de la catégorie C, dont le 9° qui range les armes des catégories A, B ou C neutralisées, et e du IV pour les armes historiques et de collection dont le modèle est antérieur au 1er janvier 1900. Cité pour le classement d'une arme neutralisée et pour le seuil de 1900.
Questions fréquentes
Quel délai pour déclarer une arme héritée ?
Sans délai, dès que vous êtes mis en possession, par votre compte individualisé SIA. L'article R312-51 l'écrit pour les catégories A et B, l'article R312-55 pour la catégorie C. Les douze mois souvent cités ne concernent pas la déclaration : ils courent à compter d'elle, et servent à obtenir l'autorisation ou à rentrer dans les quotas. Si vous ne souhaitez pas conserver l'arme, vous n'avez au contraire aucune déclaration à faire.
Peut-on garder une arme héritée chez soi pendant les douze mois ?
Non, pas en catégorie A ou B. L'arme doit être déposée chez un professionnel autorisé pour la catégorie concernée, au plus tard trois mois après la déclaration, et inscrite à son livre de police. À défaut, le préfet ordonne le dessaisissement. C'est l'obligation la plus souvent omise du parcours, parce qu'elle est écrite dans la même phrase que le délai de douze mois qui, lui, est bien connu.
Que faire d'une arme trouvée dans un grenier ?
Le code traite la découverte comme l'héritage : les articles R312-51 et R312-55 visent l'arme « trouvée par elle ou qui lui est dévolue par voie successorale ». Mêmes délais, mêmes issues. La première question reste l'identification, car la catégorie commande tout le reste — et une arme dont le modèle est antérieur au 1er janvier 1900 relève d'un régime différent.
Faut-il un certificat médical pour une arme héritée de catégorie C ?
Seulement si vous n'avez ni permis de chasser validé, ni licence de tir en cours de validité, ni carte de collectionneur. Dans ce cas, un certificat de moins d'un mois est à joindre à la déclaration dans un délai de trois mois ; passé ce délai sans certificat, le préfet ordonne le dessaisissement. La dispense tient à ce qui figure dans votre compte SIA, pas à ce que vous possédez au fond d'un tiroir.
Comment se dessaisir d'une arme héritée qu'on ne veut pas ?
Quatre modalités, limitativement énumérées par l'article R312-74 : la vente à un armurier ou à un particulier, la destruction par un armurier, la remise à l'État aux fins de destruction ou de valorisation, et le dépôt auprès d'un armurier désigné par l'État en vue de cette remise. La neutralisation n'en fait pas partie pour l'héritier qui n'a pas déclaré vouloir conserver l'arme.
L'État peut-il confisquer l'arme au bout des douze mois ?
Ni l'article L312-4 ni l'article R312-51 ne prévoient d'abandon d'office à l'État pour destruction. Au terme des douze mois, si les conditions ne sont pas remplies, vous vous dessaisissez selon les modalités de l'article R312-74 ou vous faites neutraliser l'arme — et vous adressez le justificatif au préfet. C'est une crainte répandue, et elle pousse à brader une arme qui pouvait se vendre normalement.