Le certificat médical FFTir : ce que vous faites signer à votre médecin
Publié le · 24 min de lecture · Anthony Baillon
Le certificat médical FFTir est valable un an, sans exception au tir sportif. Depuis la saison 2022/2023, il fait attester à votre médecin quelque chose qu'il ne signait pas auparavant — et cela change ce qu'il faut vérifier avant de sortir du cabinet.

Pourquoi le tir a survécu au grand ménage de 2023
Le certificat médical sportif a presque disparu en France. Il subsiste pour les disciplines dites à contraintes particulières, énumérées à l'article D.231-1-5 du code du sport. Pour celles-là, l'article L.231-2-3 soumet à un certificat de moins d'un an la délivrance ou le renouvellement de la licence, et la participation aux compétitions1.
Cette liste, on la cite souvent de mémoire, et c'est bien compréhensible : elle était stable depuis 2016. Elle a pourtant été réécrite par le décret n° 2023-853 du 31 août 2023, entré en vigueur le 3 septembre 20233. L'Assurance maladie résume le mouvement en une phrase : elle est passée de neuf à cinq disciplines4. Cinq en sont sorties — alpinisme, spéléologie, parachutisme, rugby et disciplines aéronautiques — et une y est entrée, les disciplines motonautiques217. Le tir, lui, a été maintenu.
Voici donc la liste dans sa version en vigueur2.
| N° | Discipline à contraintes particulières |
|---|---|
| 1° | Disciplines s'exerçant dans un environnement spécifique : la plongée subaquatique, y compris souterraine |
| 2° | Disciplines où, en compétition, la mise hors combat est autorisée |
| 3° | Disciplines comportant l'utilisation d'armes à feu ou à air comprimé |
| 4° | Disciplines en compétition avec véhicules terrestres à moteur, à l'exception du karting et du modélisme automobile radioguidé |
| 5° | Disciplines motonautiques |
Le tir relève du 3°. Toutes les règles qui suivent en découlent.
Un papier, deux codes : ce qui a changé en 2022
Nous avons comparé les modèles officiels de la FFTir saison par saison, PDF à l'appui. La progression est nette.
| Saison | Titre du modèle | Mention « détention des armes et munitions » |
|---|---|---|
| 2021/2022 (V4 du 08/07/2021)8 | « …à la pratique du Tir sportif » | — |
| 2022/20239 | « …à la pratique du Tir sportif » | ✓ |
| 2023/202410 | « …à l'encadrement et /ou à la pratique » | ✓ |
| 2026/20277 | « …à l'encadrement et /ou à la pratique » | ✓ |
Depuis 2022/2023, le modèle comporte une phrase supplémentaire : le médecin atteste que l'état de santé physique et psychique de son patient « n'est pas incompatible avec la détention des armes et munitions »7. Elle reprend la formule de l'article L.312-6 du code de la sécurité intérieure, qui impose un certificat attestant que « son état de santé physique et psychique n'est pas incompatible avec la détention de ces matériels, armes ou munitions »31. Le texte s'est stabilisé en 2023/2024 : le modèle 2026/2027 en est la reprise mot pour mot, saison mise à part.
Autrement dit, un seul papier couvre désormais deux régimes juridiques distincts — le code du sport et le code de la sécurité intérieure — qui n'ont ni le même objet ni la même durée de validité.
Trois certificats, trois durées de validité
Durée maximale à compter de la date d'établissement, hors dispense
La confusion la plus fréquente vient de là. L'obligation naît de l'article L.312-6, mais c'est l'article R.312-6 qui limite le certificat de détention à un mois3114. Un licencié à jour n'a de toute façon en principe pas à le produire : l'article R.312-5 l'en dispense dès lors que sa licence a été délivrée ou renouvelée sur présentation d'un certificat de moins d'un an1112.
Voir les données
| Certificat | Base légale | Validité | Qui peut le signer |
|---|---|---|---|
| Licence sportive | L.231-2-3 code du sport | 1 an | Tout docteur en médecine |
| Détention d'armes | L.312-6 CSI (obligation), R.312-6 CSI (durée) | 1 mois | Tout docteur en médecine |
| Psychiatre | L.312-6 al. 2 et R.312-6 CSI | 1 mois | Liste fermée de praticiens |
Ce que ça change en pratique. Un licencié à jour n'a pas à courir après un certificat de moins d'un mois pour sa demande d'autorisation de catégorie B. L'article R.312-5 du code de la sécurité intérieure l'en dispense expressément11, et service-public.fr confirme qu'aucun certificat n'est automatiquement exigé du tireur sportif12 — la liste de pièces publiée par la préfecture des Deux-Sèvres n'en mentionne d'ailleurs aucun13. Le délai d'un mois reste vrai pour les détenteurs sans titre et en cas d'antécédents psychiatriques.
Ce que le médecin doit réellement examiner
Le certificat n'est pas une signature en bas d'un formulaire : il résulte d'un examen médical spécifique dont le contenu est fixé par arrêté. L'article A.231-1 §5 du code du sport, créé par l'arrêté du 24 juillet 2017 et modifié par l'arrêté du 9 juillet 2018, prévoit pour les disciplines utilisant des armes à feu ou à air comprimé qu'une attention particulière soit portée sur trois points5 :
- l'examen neurologique et de la santé mentale ;
- l'acuité auditive et l'examen du membre supérieur dominant pour le biathlon ;
- l'examen du rachis chez les mineurs pour les tireurs debout dans la discipline du tir.
Ce dernier point est le seul examen orthopédique ciblé que le code du sport impose au tir, et il ne vise que les mineurs tirant debout. La logique se comprend : la position debout en carabine ou en pistolet est fortement asymétrique et tenue longtemps, sur un rachis encore en croissance. Le texte est explicite, mais il tient en une ligne au milieu d'un arrêté — facile à manquer dans une consultation de quinze minutes.
Le modèle FFTir renvoie à cet article de longue date : la version 2021/2022 en reproduisait déjà le texte en note de bas de page8, et depuis 2022/2023 la référence est passée dans la phrase même que le médecin signe — « certifie avoir examiné ce jour conformément à l'article A.231-1 §5 du code sport »9. C'est d'ailleurs son principal intérêt : il rappelle au médecin ce qu'on attend de lui.
Sur la téléconsultation, prudence. Un examen neurologique, une acuité auditive et un examen du rachis ne se pratiquent pas à distance. Plusieurs plateformes annoncent pourtant le certificat sportif en téléconsultation. Le code de déontologie impose au médecin de ne certifier que ce qu'il a lui-même constaté19 : le certificat de tir suppose une consultation physique.
Les cinq mentions à vérifier avant de partir
Le modèle FFTir n'est pas obligatoire. La fédération le dit elle-même : « tout document émanant d'un praticien de santé demeure parfaitement valable »6. Un papier libre est accepté — à condition qu'il porte les bonnes mentions.
| # | Mention | Pourquoi elle compte |
|---|---|---|
| 1 | Tir sportif, nommé explicitement | Un « apte à la pratique du sport » générique ne vaut rien ici |
| 2 | En et hors compétition | Sans elle, pas d'engagement en compétition |
| 3 | Détention des armes et munitions | Couvre le versant code de la sécurité intérieure |
| 4 | Encadrement, si vous êtes initiateur ou moniteur | Le modèle le prévoit depuis 2023/2024 |
| 5 | Date d'établissement, cachet, signature | C'est la date, pas la saison, qui fait courir l'année |
Qui peut le délivrer, et ce que ça coûte
Tout docteur en médecine. Aucun agrément fédéral n'est requis à la FFTir : médecin traitant, remplaçant, médecin du sport, médecin de club, centre médico-sportif municipal. La fédération l'écrit sans ambiguïté — « tout document émanant d'un praticien de santé demeure parfaitement valable »6.
Côté prix, il faut dire les choses simplement : le certificat n'est pas un acte de soin inscrit à la nomenclature. Sa cotation est libre et il n'ouvre pas droit à remboursement. Le médecin a en revanche l'obligation d'afficher son tarif et de vous l'annoncer oralement avant l'acte, en application du décret n° 2024-1596 du 18 décembre 202421.
Nous ne publierons donc pas de « prix du certificat » : par construction, il n'en existe pas de national. Le seul repère solide est le tarif conventionnel de la consultation de généraliste en secteur 1, 30 € au 1er janvier 202620. Les fourchettes que l'on trouve ailleurs sont des relevés informels, sans base officielle. Demander le prix au moment de la prise de rendez-vous reste la seule méthode fiable.
Pour situer la dépense : la part fédérale de la licence FFTir 2025/2026 s'élève à 69 € pour un adulte et 49 € pour un jeune, cotisation de club en sus25. Rapporté à ce total, le certificat pèse peu — mais c'est la seule ligne du renouvellement dont le montant vous échappe complètement au moment de prévoir le budget.
Votre médecin a le droit de dire non
C'est le cas le plus mal vécu, et le plus mal expliqué. L'article R.4127-28 du code de la santé publique interdit le certificat de complaisance : le médecin ne doit certifier que ce qu'il a lui-même constaté, et il reste libre du contenu et du libellé de son certificat. Un faux certificat expose à des sanctions ordinales et pénales19.
Un refus peut donc être parfaitement fondé. L'arrêté ne dresse aucune liste de contre-indications : il désigne seulement les axes de l'examen5. Le premier — neurologique et santé mentale — est celui qui vaut pour tous les tireurs, et c'est là que se logent les motifs les plus fréquents : troubles neurologiques avec pertes de connaissance, troubles de l'équilibre ou de la coordination, pathologies psychiatriques évolutives, traitements altérant la vigilance. L'acuité auditive, elle, n'est visée par le texte que pour le biathlon, et l'examen du rachis que pour les mineurs tirant debout.
Nous n'établissons pas de liste de contre-indications : c'est le rôle du médecin, pas d'un article. Une chose mérite en revanche d'être sue avant la consultation — certaines situations sont temporaires (un traitement qui s'arrête, une pathologie qui se stabilise) et le certificat redevient possible ensuite. Autant poser la question au médecin plutôt que de rester avec un refus sans échéance.
Si le refus vous paraît tenir à autre chose qu'à votre dossier, demandez le motif, apportez le modèle FFTir et la référence de l'A.231-1 §5, et orientez-vous vers un médecin du sport ou un praticien recommandé par votre club. Rien n'interdit de consulter un autre praticien, mais chacun reste libre du contenu et du libellé de son certificat19, et aucun n'est tenu de délivrer celui qu'un confrère a refusé.
Le cas des antécédents psychiatriques est à part. Pour une personne qui suit ou a suivi un traitement dans un service ou secteur de psychiatrie, le code de la sécurité intérieure exige un certificat de psychiatre, valable un mois seulement, et que seule une liste fermée de praticiens peut délivrer : praticiens hospitaliers en psychiatrie, enseignants de psychiatrie, médecins de l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, experts agréés près les tribunaux, titulaires du CES ou du DES de psychiatrie14. Ce certificat-là ne se substitue pas au certificat de licence, et le certificat de licence ne le remplace pas.
Le calendrier : le vrai piège de septembre
Trois dates se télescopent chaque rentrée.
- La saison sportive court du 1er septembre au 31 août.
- Les créations et renouvellements ouvrent dans ITAC le lundi 24 août 2026 pour la saison 2026/202716.
- L'assurance fédérale du licencié 2025/2026 court jusqu'au 30 septembre 2026 : c'est le mois de battement pour renouveler, pas une prolongation de licence16.
Le certificat, lui, ne suit aucune de ces dates : il vaut un an à compter du jour où il a été établi7. Il chevauche donc presque toujours deux saisons, ce que la FFTir assume explicitement15. D'où une marge de manœuvre dont on ne se sert pas toujours.
Ce que votre certificat couvre de la saison 2026/2027
Saison du 1er septembre 2026 au 31 août 2027, soit 365 jours ; certificat valable un an à compter de sa date
Le certificat suit une année glissante, pas la saison sportive : il chevauche donc presque toujours deux saisons15. Le décaler de fin mai à fin août ne coûte rien et fait passer la couverture de trois quarts de saison à la quasi-totalité.
Voir les données
| Date du certificat | Valable jusqu'au | Jours couverts | Part de la saison |
|---|---|---|---|
| 1er juin 2026 | 31 mai 2027 | 273 | 75 % |
| 24 août 2026 | 23 août 2027 | 357 | 98 % |
| 1er septembre 2026 | 31 août 2027 | 365 | 100 % |
La mécanique EDEN, pas à pas
Le licencié dépose lui-même son certificat dans son espace EDEN, rubrique Mes informations → Certificat médical15 ; le club valide ensuite dans ITAC, et la licence n'est délivrée qu'après cette validation6. Deux détails valent d'être connus : une alerte par mail part deux mois avant l'échéance, et un certificat périmé se voit — le QR code de sécurité de la licence signale alors un certificat invalide15.
C'est cette procédure, et non plus le tampon du médecin au dos de la licence, qui fait foi aujourd'hui : la FFTir précise qu'il n'est plus nécessaire de présenter un certificat lors des championnats, tout en maintenant l'obligation d'en détenir un valide pour concourir6. L'usage du tampon sur la licence, lui, n'a plus de portée fédérale.
Renouveler sa licence ne met pas à jour votre SIA. La liaison entre le Système d'information sur les armes et l'intranet fédéral n'est pas opérationnelle : la mise à jour se fait manuellement, dans Mon profil → Modifier les informations de mon compte27. Sans licence à jour dans le SIA, plus d'achat en catégorie C ni de munitions — et l'autorisation de catégorie B devient nulle de plein droit trois mois après la fin de validité de la licence1227.
Le cas du mineur : la dispense générale ne s'applique pas
C'est sans doute la question la plus fréquente des parents à la rentrée, et l'erreur est facile à faire. Le décret n° 2021-564 du 7 mai 2021 a bien supprimé le certificat médical pour les licences de mineurs, au profit d'un questionnaire de santé. Mais le ministère des Sports le précise noir sur blanc : la production du certificat demeure pour les disciplines à contraintes particulières17.
Au tir, le certificat reste donc annuel et obligatoire à tout âge, en création comme en renouvellement6. Le questionnaire de santé du mineur figure à l'article D.231-1-4-1, toujours en vigueur, mais il ne s'y substitue pas ; côté majeurs, l'article D.231-1-4 qui avait instauré le leur est abrogé depuis le 24 juin 202218. Aucune durée dérogatoire de trois ans n'existe pour les disciplines à contraintes particulières1.
Deux conséquences concrètes pour un jeune tireur : l'examen du rachis prévu par l'A.231-1 §5, et un sujet dont on parle peu, le plomb.
L'angle mort de la visite annuelle
Tireurs dépassant le seuil de surexposition au plomb
Deux sociétés de tir du Doubs, dépistage volontaire, enquête achevée en février 2020 ; seuil adulte 70 µg/L
Participation volontaire : ces taux décrivent les tireurs qui se sont fait dépister, pas l'ensemble des adhérents. Santé publique France relève que le risque « tend à être sous-estimé lorsqu'il se déroule en club associatif, les pratiquants sportifs ne faisant l'objet d'aucune surveillance spécifique »22 — et le certificat annuel ne comporte effectivement aucun dosage de plombémie.
Voir les données
| Société | Tireurs dépistés | Part des adhérents adultes | Au-dessus de 70 µg/L |
|---|---|---|---|
| Société A | 41 | 15 % (sur 269) | 60 % |
| Société B | 92 | 32 % (sur 289) | 40 % |
Deux sociétés de tir du Doubs ont fait l'objet d'une enquête de Santé publique France et de l'ARS Bourgogne-Franche-Comté, achevée en février 2020. Sur les tireurs volontaires dépistés — 41 dans la première société, 92 dans la seconde — 60 % et 40 % dépassaient 70 µg/L, seuil retenu comme seuil de surexposition pour un adulte. Les facteurs associés sont très concrets : l'imprégnation augmentait avec la fréquentation des stands, et des pratiques comme participer au nettoyage des stands ou manger sur place étaient associées à des plombémies élevées22.
Chez les enfants, le constat est du même ordre. Entre 2015 et 2018, 29 mineurs ont fait l'objet d'un primodépistage motivé par la fréquentation de stands de tir ; 18 présentaient une plombémie supérieure ou égale à 50 µg/L, seuil de déclaration obligatoire, soit 62 %. Le dépistage concernait très majoritairement des enfants de plus de sept ans (82 %), et l'exposition peut aussi être indirecte, par les poussières rapportées à la maison par un parent tireur23.
Ces chiffres ne disent pas que le tir est dangereux, et aucun des deux échantillons n'est représentatif : dans le Doubs, les tireurs se sont portés volontaires ; chez les enfants, la plombémie avait précisément été prescrite parce qu'un facteur de risque était identifié — Santé publique France précise d'ailleurs que ce facteur n'est pas forcément la source réelle d'exposition23. Ils disent autre chose, que Santé publique France formule sans détour : en club associatif, les pratiquants ne font l'objet d'aucune surveillance spécifique22. Le certificat annuel, seul rendez-vous médical structurellement lié à la pratique, ne comporte aucun dosage de plombémie. Rien n'interdit d'en parler à son médecin.
Reprendre après une interruption
Le certificat est rarement ce qui bloque une reprise. Ce qui bloque, c'est la chaîne administrative derrière la licence.
Si la licence n'est pas renouvelée, l'autorisation de catégorie B devient nulle de plein droit trois mois après la fin de validité de la licence, avec obligation de dessaisissement1227. Et pour ré-acquérir, il faut repasser par l'assiduité.
Sur ce point, un mythe tenace mérite d'être corrigé : le carnet de tir n'est plus la pièce exigée depuis l'arrêté du 28 avril 2020, au profit de l'avis préalable signé par le président de club26, qui fonde l'avis favorable de la fédération — c'est bien cet avis fédéral, et non un carnet, que service-public.fr12 et les préfectures13 listent aujourd'hui parmi les pièces de la demande. Ce qui subsiste, c'est le fond : trois séances de tir contrôlé espacées d'au moins deux mois, au cours des douze mois précédant la demande, pour une première demande, et une pratique régulière pour un renouvellement, le critère d'exclusion étant l'absence de pratique pendant douze mois consécutifs au moins26.
Pour un tireur qui revient après plusieurs années, la chronologie réaliste est donc : licence et certificat neuf, puis quatre mois au minimum entre la première et la troisième séance contrôlée — le tout devant tenir dans les douze mois qui précèdent le dépôt —, puis l'instruction préfectorale : comptez plusieurs mois de plus. Le certificat médical, lui, prend une consultation.
Envie d'essayer avant de vous engager ? L'article R.312-43-1 du code de la sécurité intérieure, issu du décret n° 2022-144 du 8 février 2022, autorise deux séances d'initiation par période de douze mois pour un non-licencié, sur invitation délivrée sous la responsabilité du président du club ou lors d'une journée portes ouvertes : ni licence, ni certificat médical. En contrepartie, vous présentez une pièce d'identité, le club vérifie votre absence d'inscription au FINIADA depuis ITAC, l'encadrement se fait sous le contrôle direct d'une personne qualifiée mandatée, les armes sont mises à disposition par l'association et une liste nominative est tenue30. Ces règles ne visent ni le ball-trap en installation temporaire, ni les séances à air comprimé.
FFTir, ball-trap, tir à l'arc : trois régimes
Les trois se rangent volontiers sous le mot « tir », et les moteurs de recherche les mélangent constamment. Deux d'entre eux partagent pourtant la même exigence de fond, et aucun ne partage le même calendrier.
| Fédération | Certificat exigé | Calendrier |
|---|---|---|
| FFTir (tir sportif) | Oui, moins d'un an, tous âges6 | Saison sportive, 1er septembre → 31 août |
| FFBT (ball-trap) | Oui, moins d'un an à la demande de licence28 | Année civile ; valable jusqu'au 31 décembre pour l'entraînement, mais moins d'un an à la date de chaque compétition |
| Tir à l'arc | Hors du champ de D.231-1-52 | Régime général — vérifiez auprès de la fédération |
La raison est purement juridique : l'arc n'est ni une arme à feu ni une arme à air comprimé, il n'entre donc dans aucune des cinq catégories de l'article D.231-1-52. Les obligations médicales du tir à l'arc relèvent du régime général et des règlements de sa propre fédération : elles ne se transposent pas au tir sportif, et réciproquement.
Un tireur qui pratique à la fois en FFTir et en ball-trap fait donc tenir deux calendriers dans un seul certificat. Avant de choisir la date de la consultation, il vaut mieux regarder les deux : celle qui arrange la saison sportive n'est pas forcément celle qui couvre la prochaine compétition de ball-trap.
Le règlement en vigueur fait foi. Cet article cite les textes applicables à la date du 29 juillet 2026, avec leurs références et leurs millésimes. Les modèles fédéraux changent chaque saison et les textes évoluent : vérifiez la version applicable sur Légifrance et sur le site de votre fédération avant toute démarche.
Et si vous ne deviez en retenir qu'une chose
Un an, une date, deux régimes
Le certificat médical FFTir vaut un an à compter de sa date, pas une saison. Faites-le fin août plutôt qu'en juin : à consultation identique, vous couvrez 98 % de la saison suivante au lieu de 75 %.
Vérifiez qu'il nomme le tir sportif, qu'il porte la mention « en et hors compétition » si vous concourez, et la phrase sur la détention des armes et munitions — c'est elle qui vous évite un second certificat côté préfecture.
Et gardez en tête que le certificat n'est qu'une échéance parmi quatre. Licence, autorisation préfectorale et compte SIA suivent chacun leur propre calendrier, sans se prévenir mutuellement — la seule alerte automatique documentée est le mail que la FFTir envoie deux mois avant la péremption du certificat. La consultation chez le médecin est souvent la partie la plus simple.
Si vous débutez, la suite logique est le choix de la première arme : nous avons comparé les deux calibres d'entrée dans un guide 9 mm ou .22 LR chiffré et sourcé.
Sources 31 références
Textes vérifiés sur Légifrance dans leur version en vigueur, modèles fédéraux comparés PDF par PDF. Cliquez un appel de note dans le texte pour surligner la source correspondante.
- Légifrance — article L.231-2-3 du code du sport, version en vigueur au 4 mars 2022 (loi n° 2022-296 du 2 mars 2022, art. 24).
- Légifrance — article D.231-1-5 du code du sport, version en vigueur depuis le 3 septembre 2023 : liste des cinq disciplines à contraintes particulières.
- Légifrance — décret n° 2023-853 du 31 août 2023, publié au JORF n° 0203 du 2 septembre 2023, entré en vigueur le lendemain de sa publication, soit le 3 septembre 2023.
- Assurance maladie — certificats médicaux, rappel de la réglementation (publié le 18 août 2025) : liste « passée de 9 à 5 » par le décret du 31 août 2023, applicable au 3 septembre 2023.
- Légifrance — article A.231-1 du code du sport (créé par l'arrêté du 24 juillet 2017, modifié par l'arrêté du 9 juillet 2018), version en vigueur depuis le 15 juillet 2018, §5 : contenu de l'examen pour les armes à feu et à air comprimé.
- FFTir — page Certificat médical : obligation pour les jeunes comme pour les adultes, validation par le club dans ITAC, modèle non obligatoire.
- FFTir — modèle de certificat médical, saison 2026/2027 (PDF).
- FFTir — modèle de certificat médical V4 du 8 juillet 2021, saison 2021/2022 (PDF) : ni encadrement, ni détention d'armes ; l'article A.231-1 §5 y figure déjà, reproduit en note « Textes de référence ».
- AS Tir Creil (archive) — modèle FFTir saison 2022/2023 (PDF) : apparition de la mention « détention des armes et munitions » et passage de la référence à l'article A.231-1 §5 dans la phrase signée par le médecin.
- UFA (archive) — modèle FFTir saison 2023/2024 (PDF) : apparition de la mention « encadrement ».
- Légifrance — article R.312-5 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur depuis le 19 juin 2022 : dispense du certificat pour le licencié.
- Service-public.fr — armes de catégorie B pour un tireur sportif : pièces exigées, quotas, durée de l'autorisation, effet du non-renouvellement de licence.
- Préfecture des Deux-Sèvres — pièces à fournir pour une demande d'autorisation.
- Légifrance — article R.312-6 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur depuis le 10 février 2022 : liste fermée des psychiatres habilités, et durée de validité d'un mois du certificat de détention — c'est ce texte réglementaire, et non l'article L.312-6, qui fixe le délai.
- FFTir — EDEN, certificat médical : dépôt dans l'espace licencié, alerte deux mois avant l'échéance, QR code, licence valide jusqu'au terme de la saison.
- FFTir — protocole licences 2026/2027 : ouverture ITAC le 24 août 2026, assurance fédérale jusqu'au 30 septembre.
- Ministère des Sports — questionnaire de santé du mineur (décret n° 2021-564 du 7 mai 2021) et maintien du certificat pour les disciplines à contraintes particulières. Attention : cette page n'a pas été actualisée depuis le décret du 31 août 2023 et affiche encore la liste de neuf disciplines d'avant la réforme ; c'est l'article D.231-1-5 en vigueur (référence 2) qui fait foi sur ce point.
- Légifrance — articles D.231-1-1 à D.231-1-5 du code du sport : abrogation de D.231-1-4 au 24 juin 2022, questionnaire de santé du mineur.
- Conseil national de l'Ordre des médecins — article 28, certificat de complaisance (art. R.4127-28 du code de la santé publique) et sanctions de l'article 441-7 du code pénal.
- Assurance maladie — tarifs conventionnels des médecins généralistes : 30 € en métropole au 1er janvier 2026.
- OMNIPrat — actes non remboursables : certificat sportif hors nomenclature, cotation libre, affichage des honoraires et information préalable (décret n° 2024-1596).
- Santé publique France — exposition au plomb dans deux clubs de tir du Doubs, enquête achevée en février 2020.
- Santé publique France — dépistage du saturnisme chez l'enfant en lien avec la fréquentation des stands de tir, 2015-2018.
- FFTir — la FFTir saison après saison : près de 294 000 licenciés en 2025-2026.
- FFTir — montants des licences 2025/2026 : part fédérale de 69 € (adulte) et 49 € (jeune).
- UFA — réforme du contrôle de l'assiduité du tireur : arrêté du 28 avril 2020, avis du président de club, trois séances espacées de deux mois.
- UFA — mise à jour du compte SIA : liaison SIA / ITAC non opérationnelle, conséquences en catégories B et C (art. R.312-15 CSI).
- FFBT — certificat médical 2026 : moins d'un an à la demande de licence, moins d'un an à la date de chaque compétition.
- Assemblée nationale — question écrite n° 582 de M. Christophe Plassard (publiée le 8 octobre 2024, réponse du 15 avril 2025) : les disciplines à contraintes particulières restent hors du champ de la simplification.
- FFTir — tirs d'initiation : deux séances maximum par période de douze mois, invitation délivrée sous la responsabilité du président, vérification FINIADA, encadrement, armes de l'association, liste nominative (art. R.312-43-1 CSI, décret n° 2022-144 du 8 février 2022).
- Légifrance — article L.312-6 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur depuis le 21 juin 2019 : certificat attestant que l'état de santé physique et psychique n'est pas incompatible avec la détention, et certificat de psychiatre au deuxième alinéa.
Le certificat de tir survivra-t-il à la prochaine simplification ? Interrogé en octobre 2024 sur les « certificats médicaux absurdes ou inutiles », le ministère de la Santé a répondu, le 15 avril 2025, que réduire leur nombre revient à rendre du temps de soin — tout en confirmant que les disciplines à contraintes particulières restent exigées d'un certificat de moins d'un an, et que « des réflexions sur l'évolution d'autres certificats médicaux pourront s'engager »29. Avec près de 294 000 licenciés annoncés pour 2025/202624, la FFTir concentre à elle seule un volume important de consultations sur juin-septembre. À ce jour, aucun texte ne les remet en cause.
Questions fréquentes
Quelle est la durée de validité du certificat médical FFTir ?
Un an à compter de la date où il a été établi, sans exception. Le tir figure parmi les disciplines à contraintes particulières de l'article D.231-1-5 du code du sport : ni la règle des trois ans, ni le questionnaire de santé ne s'y appliquent, pour les mineurs comme pour les majeurs.
Faut-il un médecin agréé par la FFTir ?
Non. Tout docteur en médecine peut délivrer le certificat : médecin traitant, remplaçant, médecin du sport, centre médico-sportif municipal. La FFTir précise elle-même que tout document émanant d'un praticien de santé demeure valable : aucun agrément fédéral n'est exigé pour ce certificat.
Mon certificat expire en cours de saison : ma licence est-elle annulée ?
Non. Si le certificat était valide au moment du renouvellement, la licence court jusqu'au terme de la saison sportive. En revanche, la participation aux compétitions exige un certificat en cours de validité au jour de l'épreuve, et un certificat périmé dans EDEN se signale sur le QR code de la licence.
Un certificat médical de moins d'un mois est-il exigé par la préfecture ?
Pas pour un tireur licencié à jour. L'article R.312-5 du code de la sécurité intérieure dispense du certificat de moins d'un mois dès lors que la licence a été délivrée ou renouvelée sur présentation d'un certificat de moins d'un an. Le délai d'un mois reste exigé des détenteurs sans titre et en cas d'antécédents psychiatriques.
Le certificat médical de tir est-il remboursé ?
Non, ce n'est pas un acte de soin inscrit à la nomenclature : sa cotation est libre et il n'ouvre pas droit à remboursement. Le médecin doit afficher son tarif en salle d'attente et vous l'annoncer avant l'acte. Demandez-le au moment de la prise de rendez-vous.
Les mineurs sont-ils dispensés de certificat médical au tir ?
Non. Le décret du 7 mai 2021 a bien remplacé le certificat par un questionnaire de santé pour les licences de mineurs, mais il réserve expressément les disciplines à contraintes particulières. Au tir, le certificat annuel reste obligatoire à tout âge, en création comme en renouvellement.