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Pistolet ou revolver : c'est votre discipline qui tranche

Publié le · 22 min de lecture · Anthony Baillon

Ce n'est pas la mécanique qui tranche, c'est l'épreuve. Au 25 mètres, la Vitesse ISSF impose un semi-automatique en .22 LR, quand la percussion centrale et les épreuves TAR 830 à 832 admettent « pistolet ou revolver ». En France, les deux restent des armes de poing de catégorie B : même autorisation, même carnet.

4 épreuves où le règlement écrit « pistolet ou revolver »
1 catégorie B pour les deux : même autorisation de 5 ans
4 s pour cinq coups en Vitesse ISSF, de fait hors du revolver
Six cadres ouverts au revolver, de l’ISSF 25 m percussion centrale aux épreuves TAR et à la division Revolver de l’IPSC, avec pour chacun le calibre admis et ce que le temps imparti impose à la mécanique.
Aucune épreuve n’impose le revolver, une seule l’écarte — et c’est le chronomètre qui le fait, pas le règlement. © Oplo

Pistolet ou revolver : ce qui les sépare

Mécaniquement, tout les oppose. Le revolver aligne ses cartouches dans un barillet qui tourne à chaque coup ; le pistolet semi-automatique loge les siennes dans un chargeur et se réarme seul en récupérant l'énergie du tir. Les guides s'arrêtent souvent là : plus fiable ici, moins de pièces mobiles là. Le lecteur choisit au ressenti.

C'est le mauvais bout de la question. En tir sportif français, elle ne se règle pas dans l'abstrait mais dans le règlement de l'épreuve que vous visez. Le guide le plus complet du top aligne six critères mécaniques sans un seul chiffre réglementaire22 ; un guide d'armurerie20 et un blog de club21 restent eux aussi sur la mécanique pure ; le panorama de Decathlon fusionne les deux sous le seul mot « pistolet »23. Aucun ne part des épreuves. Nous faisons l'inverse.

Un point, pourtant, n'attend pas l'analyse. En droit français, pistolet et revolver ont exactement le même statut : l'article R311-2 range les deux parmi les « armes à feu de poing » de la catégorie B, sans distinguer les mécanismes1, et la fiche service-public le confirme mot pour mot — « armes à feu de poing (revolver, pistolet) »2. Même catégorie, donc même autorisation, même carnet, mêmes quotas. Tout ce qui suit se joue ailleurs, sur le pas de tir.

Les épreuves ouvertes au revolver

Combien d'épreuves admettent réellement le revolver ? Le décompte dépend de la maille que l'on choisit ; posons-la clairement. On retient ici les épreuves dont le règlement cite explicitement le revolver. À cette maille, quatre l'admettent noir sur blanc :

  • ISSF 25 m percussion centrale — une épreuve : le texte anglais admet « any centre fire pistol or revolver », de 7,62 à 9,65 mm7.
  • TAR 830, 831 et 832 — trois épreuves ouvertes au pistolet comme au revolver, de 7,62 à 11,60 mm56.

Au-delà de cette admission explicite, deux cadres réservent au revolver une classe à part entière. L'IPSC Handgun possède une Division Revolver distincte, avec ses propres seuils de puissance9 ; la silhouette métallique FFTir liste, elle, « 400 – Revolver position libre » et « 404 – Revolver position libre »6. À l'inverse, aucune épreuve n'impose le revolver, et une seule, la Vitesse, l'écarte de fait. Pour le détail épreuve par épreuve du côté des pistolets, voir notre guide sur l'admissibilité en discipline FFTir.

Épreuve Architecture imposée ou avantagée Munition Conséquence à l'entraînement
ISSF 25 m Vitesse (VO) Semi-automatique de fait .22 LR 5 cibles, une balle chacune en 4 à 8 s : le revolver ne suit pas
ISSF 25 m Standard Pistolet ou revolver .22 LR Série à 10 s (2 s/coup) : la double action est testée
ISSF 25 m percussion centrale Pistolet ou revolver 7,62–9,65 mm Apparition de 3 s : les deux à égalité
TAR 830 / 831 / 832 Pistolet ou revolver 7,62–11,60 mm 5 coups en 20 s puis 10 s ; .357 tiré en .38 Spécial
IPSC Handgun Division Revolver dédiée ≥ 9 mm (.354) Barillet de 6 coups pour viser le Major (170)
Silhouette FFTir 400 / 404 Catégorie Revolver dédiée Gros et petit calibre Classe revolver séparée du semi-auto

Cette Division Revolver n'existe que dans le règlement IPSC à percussion centrale : le règlement IPSC .22LR de la même date n'en comporte aucune et ne fixe « aucun power factor »10. Autrement dit, la classe revolver est un fait du tir centre-fire, pas une règle générale du tir dynamique.

Le calibre admis grimpe du 25 m Vitesse au TAR

Calibre nominal maximal admis par épreuve. Le 25 m Vitesse impose le seul .22 LR ; les épreuves à percussion centrale ouvrent une plage, jusqu'à 11,60 mm en TAR

Vitesse (VO)Percussion centraleTAR 830/831/832Vitesse olympique — .22 LR imposé, calibre nominal 5,6 mm25 m percussion centrale — 7,62 à 9,65 mm, pistolet ou revolverTAR — 7,62 à 11,60 mm, pistolet ou revolver5,6 mm9,65 mm11,6 mm0 mm3 mm6 mm9 mm12 mm

Le 25 m percussion centrale admet de 7,62 à 9,65 mm, soit .30 à .38 pouces7, munition « magnum » exclue. Le TAR 830/831/832 va de 7,62 à 11,60 mm en calibre d'origine5 : c'est l'épreuve qui accueille le .44 et le .45. La Vitesse, elle, n'admet que le .22 LR à percussion annulaire, de calibre nominal 5,6 mm7.

Voir les données
ÉpreuveCalibre admisArchitectureRéférence
25 m Vitesse (VO).22 LR (≈ 5,6 mm), imposéSemi-auto de faitISSF 8.4.3
25 m percussion centrale7,62 à 9,65 mmPistolet ou revolverISSF 8.4.3.3
TAR 830 / 831 / 8327,62 à 11,60 mmPistolet ou revolverTAR 2025-2026

Une divergence de traduction à connaître. Le texte anglais de l'ISSF est explicite : au 25 m percussion centrale, l'article 8.4.3.3 admet « any centre fire pistol or revolver »7. La version française diffusée par la FFTir écrit, au même article, « Tout pistolet… à percussion centrale », sans « ou revolver »8. Le revolver reste pourtant bien admis : il figure à l'article 8.4.3.1, qui précise comment mesurer son canon « à l'exclusion du barillet »8. Nous citons les deux versions plutôt que de trancher sur la seule traduction.

Coups par série et temps imparti au 25 m

Le point commun de toutes les épreuves de 25 mètres tient en un chiffre : cinq coups par série7. Ce qui change radicalement, c'est le temps pour les tirer. Et ce temps décide, plus sûrement qu'aucune fiche technique, de ce qu'une architecture peut suivre.

Le temps imparti pour cinq coups, selon l'épreuve de 25 m

Durée de la série la plus rapide, pour cinq coups, dans trois épreuves de 25 mètres. La percussion centrale fonctionne par apparition de 3 secondes et figure dans la note, pas dans le graphique

Vitesse (VO)StandardTAR 830 (vitesse)Vitesse olympique — série la plus rapide : 5 coups en 4 secondesStandard — série la plus rapide : 5 coups en 10 secondesTAR 830, vitesse — 5 coups en 20 s puis en 10 s4 s10 s10 s0 s3 s6 s9 s12 s

Les séries plus lentes complètent le tableau : la Vitesse ajoute deux séries de 8 s et deux de 6 s7, le Standard descend de 150 s à 20 s puis 10 s7, le TAR fait précéder ses séries de 10 s par deux séries de 20 s5. La percussion centrale ne se compte pas en série mais par apparition : la cible reste visible 3,0 s par coup7, de quoi armer un revolver comme laisser cycler un semi-automatique.

Voir les données
Épreuve (25 m)Série la plus rapideArchitectureMunition
Vitesse (VO)5 coups en 4 sSemi-auto de fait.22 LR
Standard5 coups en 10 sPistolet ou revolver.22 LR
TAR 830 (vitesse)5 coups en 10 sPistolet ou revolver7,62–11,60 mm
Percussion centrale1 coup / apparition de 3 sPistolet ou revolver7,62–9,65 mm

La Vitesse olympique est la plus expéditive : deux séries de 8 secondes, deux de 6, deux de 4, cinq cibles distinctes à chaque fois7. À 4 secondes pour cinq cibles, on ne réarme pas un revolver double action ; c'est ce qui l'exclut de fait, sans qu'aucune ligne du règlement ne l'interdise nommément. Le Standard desserre l'étau — 150, 20 puis 10 secondes7 — et la série à 10 secondes, deux par coup, teste justement la manœuvre du barillet.

La percussion centrale fonctionne encore autrement : la cible reste visible 3,0 secondes par coup, sept secondes entre deux apparitions7. Trois secondes suffisent aussi bien à armer un revolver qu'à laisser cycler un semi-automatique : c'est la passe où les deux s'affrontent à égalité. Une nomenclature de club recoupe ces intitulés — « Cible Pistolet Vitesse 25 m », « Vitesse Olympique »19 — mais seuls les règlements ISSF font foi sur les temps.

En TAR, les épreuves 830 et 832 enchaînent deux séries de cinq coups en 20 secondes, puis deux séries de cinq en 10 secondes, avant une phase de précision de deux séries de cinq en sept minutes ; la détente doit peser au moins 1,360 kg5. La 831, vitesse réglementaire, reprend les séries de 20 et 10 secondes sans la précision5. Le « 5 coups en 20 secondes » qu'on cite souvent est donc exact, mais partiel.

Ces formats ne sont pas un détail d'organisateur : ils dictent ce que vous répétez à l'entraînement. Une séance de Vitesse ne se consigne pas comme une séance de TAR, et un carnet honnête doit refléter cette structure série par série — la même rigueur que réclament les trois séances contrôlées du carnet de tir pour valider une autorisation.

Précision : ce que la mécanique change

« Le revolver est plus précis », « le pistolet a moins de dispersion » : ces affirmations circulent comme des faits, mais personne ne les mesure dans les mêmes conditions. Nous ne les reprendrons pas comme des chiffres. Le seul élément que le règlement objective, c'est la manière de mesurer le canon.

Et il en dit long. À l'ISSF, le canon d'un semi-automatique se mesure de la bouche jusqu'à la face de la culasse — canon plus chambre8. Celui d'un revolver se mesure « canon seulement, à l'exclusion du barillet »87. La différence n'est pas cosmétique : chez le revolver, la cartouche vit dans le barillet, séparé du canon par un intervalle ; chez le pistolet, elle est alignée dans le prolongement direct du canon.

De là découlent des tendances, pas des mesures. On prête au barillet un léger saut de la balle au franchissement de l'intervalle, et au pistolet une chaîne canon-chambre continue. Ce sont des arguments mécaniques plausibles, jamais des écarts chiffrés et reproductibles. En compétition, le classement se joue sur le tireur bien avant l'architecture : à la passe de 3 secondes, revolver et pistolet visent la même mouche.

Anthony Baillon Co-fondateur d'Oplo

Longtemps j'ai cru le revolver « interdit » au 25 mètres ISSF. Je le répétais même, persuadé que le règlement l'écrivait. En relisant les textes pour cet article, j'ai trouvé l'inverse : la percussion centrale admet noir sur blanc « pistolet ou revolver », et si le revolver disparaît de la Vitesse, ce n'est pas par une interdiction mais parce que cinq cibles en quatre secondes ne se tirent pas au barillet.

La leçon m'a servi au-delà de l'anecdote : une exclusion « de fait » et une interdiction écrite ne se vérifient pas au même endroit. La première se lit dans la structure de l'épreuve, la seconde dans un article. Les confondre, c'est se tromper de source — et répéter une erreur de bonne foi.

Le prix de la cartouche selon le calibre

Voici la variable que les comparatifs mécaniques oublient, et qui pèse chaque week-end : le prix du coup. Il ne dépend pas de l'architecture mais du calibre — et l'écart d'un calibre à l'autre dépasse largement ce qui sépare un revolver d'un pistolet.

Le prix d'une boîte de 50, du .22 LR au .45 ACP

Prix d'entrée de gamme d'une boîte de 50 cartouches d'entraînement, relevés le 30 juillet 2026 chez plusieurs armureries françaises. Données commerciales indicatives, non réglementaires, qui varient selon le revendeur et le profil de balle

.22 LR9 mm Para.38 Spécial.357 Magnum.45 ACP.22 LR d'entraînement — à partir d'environ 6 € la boîte de 509 mm Parabellum — à partir de 13,90 €, fourchette 14 à 24 €.38 Spécial — 22 à 30 € la boîte de 50.357 Magnum — 27 à 29 € la boîte de 50.45 ACP — 32 à 34 € la boîte de 506 €14 €22 €27 €32 €0 €10 €20 €30 €40 €

Les fourchettes complètes, multi-revendeurs : 9 mm ≈ 14 à 24 €1117, .38 Spécial ≈ 22 à 30 € et jusqu'à 46 € en pointe creuse12, .357 Magnum ≈ 27 à 29 €1517, .45 ACP ≈ 32 à 34 €1418, .22 LR ≈ 6 à 10 € et jusqu'à 25 € en munition match1316. Les calibres de pistolet (9 mm, .45 ACP) et de revolver (.38, .357) sont distingués par la couleur ; le .22 LR, à percussion annulaire et commun aux deux architectures, apparaît à part.

Voir les données
CalibreBoîte de 50 (fourchette)ClasseArchitecture typique
.22 LR≈ 6 à 10 € (match jusqu'à ~25 €)Cat. C (annulaire)Pistolet ou revolver
9 mm Para≈ 14 à 24 €Cat. BPistolet (semi-auto)
.38 Spécial≈ 22 à 30 € (JHP jusqu'à ~46 €)Cat. BRevolver
.357 Magnum≈ 27 à 29 €Cat. BRevolver
.45 ACP≈ 32 à 34 €Cat. BPistolet (semi-auto)

Le 9 mm Parabellum, calibre roi des pistolets de sport, est le centre-fire de poing le moins cher : à partir de 13,90 € la boîte de 5011, dans une fourchette de 14 à 24 € selon la marque17. Côté revolver, le .38 Spécial ouvre à 22-30 €12, le .357 Magnum à 27-29 €15. Le .45 ACP, calibre courant le plus cher, ferme la marche à 32-34 € la boîte1418.

Loin devant tout le monde par le bas : le .22 Long Rifle, de 6 à 10 € la boîte d'entraînement13, jusqu'à 25 € en munition match16. C'est le vrai point de bascule économique pour débuter, et il existe aussi bien en revolver qu'en pistolet. Une réserve importante : à percussion annulaire, le .22 LR n'est pas en catégorie B mais en catégorie C, donc hors du quota des 3 000 cartouches.

Ces prix sont des relevés commerciaux du 30 juillet 2026, pris chez plusieurs armuriers ; ils bougent avec le revendeur, la marque et le profil de balle. Si le budget guide votre choix, c'est le comparatif des calibres d'arme de poing qu'il faut ouvrir, pas la fiche d'un mécanisme.

Entretien et fiabilité de l'arme de poing

C'est le terrain favori des comparatifs, et le plus glissant. Fiabilité, entretien, robustesse : on lit partout que le revolver l'emporte parce qu'il a « moins de pièces mobiles ». L'idée a une logique mécanique, mais elle n'est pas chiffrée, et elle ne dit rien de l'épreuve. Présentons-la donc pour ce qu'elle est — une tendance, pas un verdict.

  • Revolver : pas de culasse à manœuvrer ni de chargeur à approvisionner, donc moins de gestes pour un débutant et pas d'enrayage de chargeur ; en contrepartie, six ou sept coups avant rechargement et l'entretien de chaque chambre du barillet.
  • Semi-automatique : rechargement immédiat par chargeur et capacité utile là où la cadence compte, au prix d'une mécanique de culasse à entretenir et d'incidents d'alimentation possibles.
  • Les deux : même entretien du canon, même exigence de nettoyage après séance ; l'architecture ne dispense de rien.

Aucune de ces tendances ne tranche seule. Un revolver .357 réputé increvable ne sert à rien en Vitesse olympique, qu'il ne peut pas suivre ; un pistolet .22 parfaitement fiable n'a pas sa place dans une épreuve titrée « revolver ». La fiabilité est une qualité réelle, mais elle se juge après avoir fixé l'épreuve, jamais avant.

Catégorie B, quota et déclaration

C'est le chapitre que les guides mécaniques sautent, et c'est celui qui engage votre responsabilité. Revolver et pistolet partagent le même régime, du premier au dernier alinéa. Un tableau vaut mieux qu'un paragraphe.

Ce que fixe le texte Revolver Pistolet Référence
Classement Arme de poing, catégorie B 1° Arme de poing, catégorie B 1° R311-2
Autorisation 5 ans, licence FFTir, compte SIA 5 ans, licence FFTir, compte SIA F2250
Quota d'armes Compté dans les 15 (6 en primo) Compté dans les 15 (6 en primo) R.312-40 et R.312-41-1
Munitions cat B 3 000/an/arme (B 10°) 3 000/an/arme (B 10°) R.312-47
Carnet de tir 3 séances contrôlées espacées d'au moins 2 mois, sur 12 mois 3 séances contrôlées espacées d'au moins 2 mois, sur 12 mois Arrêté 28/04/2020, art. 3

Concrètement : une autorisation de cinq ans délivrée sur licence FFTir et compte SIA2, un plafond commun de quinze armes pour le tireur majeur au titre de l'article R.312-40 — six pour un primo-détenteur pendant cinq ans, au titre de l'article R.312-41-13 — et 3 000 cartouches par arme et par an4. En détenir un de chaque ne double aucun quota : les deux s'imputent sur les mêmes quinze. La procédure de déclaration, elle, est identique au bit près.

Une exception guette les gros revolvers. Le quota de 3 000 vaut pour les munitions à percussion centrale d'arme de poing de la catégorie B 10° — 9 mm, .38 Spécial, .357 Magnum, .45 ACP. Mais plusieurs calibres de fort revolver — .44 Remington Magnum, .45 Colt, .44-40, .32-20 — sont classés en catégorie C par arrêté et échappent à ce quota de 3 0001. « Mêmes quotas » est donc vrai calibre par calibre, pas en bloc : à vérifier avant d'acheter, comme le détaille notre article sur les quotas d'armes et de munitions.

Revolver ou pistolet pour débuter

Pour un premier achat, la logique du budget et celle de l'épreuve pointent souvent dans la même direction. Le .22 LR est le calibre d'apprentissage par excellence : faible recul, prix plancher, et disponible dans les deux architectures. La vraie question n'est pas « revolver ou pistolet » mais « vers quelle épreuve vais-je aller ».

  • Si vous visez la Vitesse ou les passes rapides du 25 m, l'architecture est déjà décidée : un semi-automatique .22, seul capable de suivre 4 secondes pour cinq cibles.
  • Si vous partez vers le TAR, la percussion centrale ou la silhouette revolver, le revolver a toute sa place, et vous pouvez démarrer au .38 Spécial ou tirer du .38 dans un .357.

Reste le cas, fréquent, du tireur qui ne sait pas encore. Là, un .22 — pistolet ou revolver — laisse le temps de découvrir sans grever le budget, quitte à préciser l'architecture plus tard. Nous avons chiffré ce choix d'entrée dans un comparatif 9 mm ou .22 LR, qui vaut pour les deux mécanismes.

Julien Mercier Relecteur technique

Le piège de ce dossier, c'était la traduction. La version française des règles ISSF écrit « Tout pistolet » là où l'anglais dit « any centre fire pistol or revolver ». Se fier au seul texte français aurait laissé croire que le revolver est écarté de la percussion centrale, alors qu'il y est admis. J'ai exigé qu'on cite les deux versions et qu'on le signale au lecteur : quand deux sources officielles divergent, on montre la divergence, on ne choisit pas la plus commode.

Pistolet ou revolver : la réponse par épreuve

Récapitulons sans détour. La question « pistolet ou revolver » n'a pas de réponse universelle parce qu'elle est mal posée : c'est l'épreuve qui répond. Fixez l'épreuve, l'architecture suit ; et quelle que soit l'architecture, le régime légal, lui, ne bouge pas d'une ligne.

Trois repères à emporter au stand

L'épreuve décide, pas la mécanique. La Vitesse impose un semi-automatique .22 de fait ; la percussion centrale et le TAR 830 à 832 admettent « pistolet ou revolver » ; l'IPSC et la silhouette FFTir réservent au revolver une classe dédiée.

Le statut légal est identique. Revolver et pistolet sont deux armes de poing de catégorie B : même autorisation de cinq ans, même carnet et ses trois séances contrôlées, mêmes quinze armes et 3 000 cartouches — à l'exception des gros calibres de revolver, classés en catégorie C.

Le budget dépend du calibre, pas de l'architecture. De 6 € la boîte de 50 en .22 LR à 32 € en .45 ACP, l'écart de calibre dépasse tout ce qui sépare les deux mécanismes.

Un dernier réflexe : avant d'acheter, vérifiez le règlement de l'épreuve visée et la catégorie exacte du calibre. Les deux sont publics.

Sources 23 références

Les chiffres réglementaires — catégories, calibres admis, temps de série, quotas — ont été relus sur les textes officiels dans leur version en vigueur, et croisés avec une seconde source quand elle existe. Les prix, qui ne sont pas des données réglementaires, reposent sur des relevés commerciaux datés et signalés comme tels. Les pages concurrentes sont citées pour l'audit, jamais comme preuve. Cliquez un appel de note dans le texte pour surligner la source correspondante.

  1. Légifrance — article R311-2 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur au 7 septembre 2025 : la catégorie B 1° vise les « armes à feu de poing et armes converties en armes de poing non comprises dans les autres catégories » — revolver et pistolet y sont classés sans distinction de mécanisme. Le même article renvoie en catégorie C certains calibres de gros revolver par arrêté conjoint.
  2. Service-public.gouv.fr — armes de catégorie B pour un tireur sportif, fiche F2250 vérifiée le 20 mars 2025 : « armes à feu de poing (revolver, pistolet) » et « L'autorisation d'acquisition et de détention d'une arme de catégorie B est accordée pour 5 ans ».
  3. Légifrance — sous-paragraphe « Tir sportif » du code de la sécurité intérieure, articles R.312-39-1 à R.312-43-1, version en vigueur au 29 juin 2024 : l'article R.312-40 autorise les tireurs sportifs majeurs « dans la limite de quinze armes » ; l'article R.312-41-1 limite le primo-détenteur à « un maximum de six armes » pendant cinq ans à compter de la délivrance de sa première autorisation, hors compétiteurs nationaux et internationaux.
  4. Légifrance — article R.312-47 du code de la sécurité intérieure, version en vigueur au 1er janvier 2024 : « 3 000 cartouches par arme au titre du 2° de l'article R. 312-40 », par période de douze mois, indépendamment de l'architecture de l'arme.
  5. FFTir, CNS TAR — règlement TAR (Tir aux Armes Réglementaires), saison 2025-2026 (PDF, diffusion du 12 janvier 2026, validation du Comité Directeur FFTir du 6 décembre 2025) : épreuves « Pistolet / Revolver – Armes récentes », calibre « compris entre 7,62mm et 11,60mm », « Les armes chambrées en 357 Magnum sont autorisées si elles utilisent la munition de 38 Spécial », format des séries (5 coups en 20 s puis 10 s, précision, détente ≥ 1,360 kg).
  6. FFTir — Règlement de Gestion Sportive 2025-2026, Vie nationale (RGS-VN) (PDF, version V3 du 23 mars 2026) : nomenclature officielle des disciplines, dont « 400 – Revolver position libre », « 404 – Revolver position libre », « 830 – Pistolet/Revolver » et « 251 – Pistolet percussion centrale 25 m ».
  7. ISSF — ISSF Pistol Rules, 10m/25m/50m, édition 2022 (premier tirage 01/2023), PDF hébergé par Swiss Shooting : art. 8.4.3.3 « Any centre fire pistol or revolver […] of calibre 7.62mm to 9.65mm (.30 à .38 pouces) » ; art. 8.7.6.3 séries « eight (8) / six (6) / four (4) seconds » ; art. 8.7.6.5 séries « 150sec / 20sec / 10sec » ; passe vitesse à apparitions de 3,0 s.
  8. FFTir — Règles Pistolet ISSF 2022, édition française (PDF, diffusion FFTir de mai 2023) : art. 8.4.3.1 « Révolver : Canon seulement (à l'exclusion du barillet) » et art. 8.4.3.3 « Tout pistolet de calibre compris entre 7,62mm et 9,65mm… à percussion centrale ». La formule française omet « ou revolver » présent dans l'anglais : divergence de traduction citée telle quelle.
  9. IPSC — IPSC Handgun Competition Rules, January 2026 Edition (PDF, version finale du 29 décembre 2025, miroir de la fédération polonaise, ipsc.org renvoyant un 403) : Appendix D5 Revolver Division — « Minimum power factor for Major 170 », « for Minor 125 », « Minimum bullet caliber […] 9 mm (0.354") / 19 mm », « Revolvers with a capacity of 7 rounds or more do not qualify for Major ».
  10. IPSC — IPSC .22LR Handgun Competition Rules, January 2026 Edition (PDF, miroir de la fédération polonaise) : art. 5.6.1 « There are no minimum or maximum power factors in IPSC .22LR Handgun matches » ; annexes limitées à Open, Standard et Classic — aucune Division Revolver.
  11. ⚠️ Armurerie Centrale — 50 cartouches STV Scorpio 9 mm Luger 124 gr FMJ, prix relevé le 30 juillet 2026 : 13,90 € TTC (au lieu de 15,90 €). Donnée commerciale, non réglementaire.
  12. ⚠️ Armurerie Centrale — munitions .38 Special, prix relevés le 30 juillet 2026 : Geco FMJ 158 gr 21,90 €, Fiocchi Wad Cutter 22,90 €, Norma 29,90 €, Remington SJHP 45,90 € (boîtes de 50). Données commerciales.
  13. ⚠️ Armurerie Centrale — balles .22 LR, prix relevés le 30 juillet 2026 : Aguila Super Extra 5,90 €, Geco 6,59-6,99 €, Winchester T22 6,90 €, ELEY Tenex 24,90 € (boîtes de 50). Données commerciales.
  14. ⚠️ Armurerie Centrale — boîte de 50 cartouches Geco 230 gr FMJ .45 ACP, prix relevé le 30 juillet 2026 : 33,90 € TTC. Donnée commerciale.
  15. ⚠️ Armurerie d'Auxerre — 50 munitions Sellier & Bellot SP calibre .357 Magnum, prix relevé le 30 juillet 2026 : 28,80 € (dégressif 27,90 € puis 26,99 €), disponible. Donnée commerciale.
  16. ⚠️ Armurerie FMR (Pantin) — munitions armes de poing, prix relevés le 30 juillet 2026 : Geco 9x19 124 gr (1000) 295 €, Norma 9 mm 115 gr (1000) 295 €, Geco .357 Magnum 158 gr (500) 270 €, RWS R50 .22lr (500) 210 €. Données commerciales, qui corroborent les prix à la boîte.
  17. ⚠️ Armurerie de la Bourse — munitions armes de poing catégorie B, prix relevés le 30 juillet 2026 : 9x19 15-24 €, .38 Special 24-28 €, .357 Magnum 27-28 €, .45 ACP 29 € (boîtes de 50). Second revendeur multi-calibres, données commerciales.
  18. ⚠️ Armurerie de la Bourse — munition Geco .45 ACP 230 gr, boîte de 50, prix relevé le 30 juillet 2026 : 32,00 €, en stock. Second revendeur pour croiser le prix du .45 ACP. Donnée commerciale.
  19. ⚠️ Mon Tir Sportif — les disciplines ISSF & FFTir, consulté le 30 juillet 2026 : « Vitesse Olympique (VO) », « Cible Pistolet Vitesse 25m », « 252 pistolet 25m ». Piste de club (rang 4), utile pour recouper la nomenclature ; toute valeur chiffrée est confirmée sur les règlements ISSF/FFTir eux-mêmes.
  20. ⚠️ Armurier-Expert.fr — Revolver ou Pistolet : les différences importantes à savoir, consulté le 30 juillet 2026. Page concurrente auditée, non utilisée comme source factuelle ; elle mentionne une « formation » étrangère au régime FFTir, que nous ne reprenons pas.
  21. ⚠️ Tir Sportif Chabris — Pistolet vs Revolver, consulté le 30 juillet 2026. Page concurrente auditée, non utilisée comme source factuelle.
  22. ⚠️ Clays Shooting / Perfect Shooting — Tir pistolet : choisir son arme idéale, consulté le 30 juillet 2026. Le guide le plus complet du top, mais sans chiffres réglementaires ni sources ; audité, non utilisé comme preuve.
  23. ⚠️ Decathlon — Quelle arme choisir pour débuter le tir sportif ?, consulté le 30 juillet 2026. Guide commercial qui fusionne revolver et pistolet sous « pistolet » ; audité, non utilisé comme preuve.

Le règlement en vigueur fait foi. Cet article cite les textes et règlements applicables à la date du 30 juillet 2026, avec leurs millésimes. Le droit des armes comme les règlements sportifs évoluent d'une saison à l'autre, et une page à jour aujourd'hui ne l'est plus forcément demain. Avant tout achat ou toute inscription, vérifiez la version en vigueur sur Légifrance, le règlement de votre discipline sur les sites FFTir et ISSF, et la catégorie exacte de votre calibre dans votre compte SIA.

Questions fréquentes

Pistolet ou revolver : lequel choisir pour le tir sportif ?

Cela dépend de l'épreuve, pas d'un présumé « meilleur » mécanisme. La Vitesse ISSF au 25 mètres réclame un semi-automatique en .22 LR, seul capable de tirer cinq cibles en quatre secondes. La percussion centrale et les épreuves TAR 830 à 832 admettent au contraire « pistolet ou revolver ». Fixez d'abord la discipline visée : l'architecture en découle presque toujours.

Le revolver est-il admis en compétition ISSF au 25 mètres ?

Oui, mais pas partout. Au 25 mètres percussion centrale, le règlement anglais admet explicitement « any centre fire pistol or revolver » de 7,62 à 9,65 millimètres. En Vitesse olympique, le revolver est en revanche écarté de fait : la passe expose cinq cibles à tirer d'une balle chacune en quatre secondes, une cadence hors de portée d'un barillet. Aucun article ne l'interdit nommément.

Pistolet et revolver ont-ils le même statut légal en France ?

Oui, strictement le même. L'article R311-2 du code de la sécurité intérieure les classe tous deux parmi les armes à feu de poing de la catégorie B, sans distinguer les mécanismes. Conséquence : même autorisation de cinq ans sur licence FFTir et compte SIA, même carnet de tir avec ses trois séances contrôlées, mêmes quotas de quinze armes et de 3 000 cartouches par arme.

Peut-on tirer du .38 Spécial dans un revolver .357 Magnum ?

Oui, et le règlement TAR l'autorise expressément : « Les armes chambrées en 357 Magnum sont autorisées si elles utilisent la munition de 38 Spécial. » L'intérêt est double, moins de recul et un coût inférieur — le .38 Spécial ouvre autour de 22 euros la boîte de 50 contre 27 pour le .357. Un revolver .357 fait donc, en compétition, un excellent tireur de .38.

Revolver et pistolet ont-ils les mêmes quotas de munitions ?

Pour les calibres à percussion centrale d'arme de poing de catégorie B 10° — 9 mm, .38 Spécial, .357 Magnum, .45 ACP — oui : 3 000 cartouches par arme et par an. Mais plusieurs calibres de gros revolver, comme le .44 Remington Magnum ou le .45 Colt, sont classés en catégorie C par arrêté et échappent à ce quota. « Mêmes quotas » se vérifie donc calibre par calibre.

Combien de coups tire-t-on par série au 25 mètres ?

Cinq, dans toutes les épreuves de 25 mètres ISSF. Ce qui varie, c'est le temps : la Vitesse enchaîne des séries de huit, six puis quatre secondes ; le Standard des séries de 150, 20 puis 10 secondes ; le TAR 830 des séries de cinq coups en 20 secondes puis en 10. La grande capacité de chargeur relève du tir dynamique IPSC, pas de ces épreuves.

Le pistolet est-il plus précis que le revolver ?

Aucune donnée réglementaire ne le mesure, et nous ne présentons pas cette idée comme un fait chiffré. Le seul élément que le règlement objective est la mesure du canon : pour un semi-automatique, du canon plus la chambre ; pour un revolver, le canon seul, à l'exclusion du barillet. Le reste tient de tendances mécaniques plausibles, jamais d'écarts reproductibles. En compétition, le tireur pèse davantage que l'architecture.

Revolver ou pistolet pour débuter le tir sportif ?

Le plus souvent, un .22 Long Rifle, dans l'une ou l'autre architecture : faible recul et prix plancher, autour de 6 euros la boîte de 50. Le choix du mécanisme se règle ensuite sur l'épreuve visée — semi-automatique pour la Vitesse, revolver pour le TAR ou la silhouette revolver. Tant que la discipline n'est pas arrêtée, un .22 laisse explorer sans grever le budget.