Aller au contenu principal
Retour aux actualités

Shot timer : chronométrer ses tirs avec un téléphone, jusqu'où ça marche

Publié le · 23 min de lecture · Anthony Baillon

Une application de timer pour le tir sportif excelle à donner le signal de départ, imposer un par time et structurer le tir à sec, mais détecte mal les coups réels : le micro d'un téléphone confond vos tirs, les voisins et la réverbération du stand. Le hit factor, lui, se calcule à la main, en une ligne.

171,1 dB de crête mesurée pour un pistolet — hors de portée d'un micro grand public
139–475 € le timer matériel chez les revendeurs français, relevé du 30/07/2026
0,25 s ce que vaut un point sacrifié à hit factor 4
Barème IPSC : zone A à 5 points en Minor comme en Major, zone C à 3 ou 4, zone D à 1 ou 2, plaque à 5, et pénalités de moins dix points pour un impact manquant, un impact sur no-shoot ou une pénalité procédurale, le score de stage ne pouvant descendre sous zéro.
Douze points d’écart sur un carton de 32 impacts, entièrement portés par les zones C et D. La zone A, elle, vaut la même chose dans les deux facteurs. © Oplo

À quoi sert un shot timer

Un shot timer fait trois choses : il donne un signal de départ après un délai variable, il horodate chaque coup qu'il détecte, et il en déduit le temps total et les intervalles. En match IPSC, le cadre est réglementaire : le signal tombe entre 1 et 4 secondes après le commandement « Standby »1, et le temps du stage est enregistré à deux décimales1.

Un point réglementaire d'emblée, parce que la question revient sans cesse : une application de timer n'est pas interdite en compétition. La règle 9.10.1 dit que seul le chronomètre manipulé par le Range Officer enregistre le temps officiel1. Votre téléphone peut bipper dans votre poche : son temps ne comptera jamais. C'est très différent d'une interdiction — et cela laisse tout l'entraînement.

En France, la discipline s'appelle tir sportif de vitesse (TSV), une discipline FFTir à part entière, avec équipe de France et Championnat d'Europe Handgun en juin 202615. Son fonctionnement, ses divisions et son facteur de puissance sont détaillés dans notre guide du TSV et des règles IPSC ; cet article traite le reste : ce qu'un téléphone sait vraiment chronométrer, ce que coûte un timer, et l'arithmétique du hit factor.

Ce qu'un micro de téléphone détecte mal

La promesse des fiches de store est simple : posez le téléphone sur la tablette, l'application compte vos coups. Le problème n'est pas logiciel, il est physique. Un coup de pistolet a été mesuré entre 156,3 et 171,1 dB de niveau de crête selon le calibre et la position de tir, et une carabine .22 dès 139,6 dB6 — au niveau ou au-delà des 140 dB crête que la réglementation américaine du travail retient comme plafond du bruit impulsionnel7.

Mesurer proprement de tels niveaux exige du matériel de métrologie. L'étude citée a employé un micro de mesure d'un huitième de pouce, une chaîne acceptant 186 dB de crête et un échantillonnage à 800 kHz6 ; l'OSHA retient de son côté une mesure en crête vraie, non pondérée, au sonomètre7. Ce détail instrumental repose sur une seule étude ouverte ; la méthode, elle, vient d'un texte officiel.

En stand couvert s'ajoutent trois brouilleurs qu'aucune fiche de store ne mentionne : les tirs des postes voisins, la réverbération des murs, et vos protections auditives — voire une double protection, que l'OSHA recommande dans certains cas7 — si le téléphone est resté dans une poche. Un micro calibré pour la voix, plongé dans un champ sonore qui sature le matériel grand public, n'a aucun moyen fiable d'attribuer chaque impulsion au bon tireur.

Soyons précis sur le statut de cet argument : aucune source ne mesure directement des téléphones en stand, et nous ne prétendons pas le contraire. C'est un constat argumenté physiquement — niveaux de crête, tirs voisins, réverbération — pas une campagne de mesure.

Un indice de marché va toutefois dans le même sens : PlinkPal, une application de timer, a choisi pour le tir réel une détection par caméra pointée sur une cible dédiée, « comme pour l'entraînement laser »14, plutôt que par micro. Ce n'est pas un aveu d'éditeur ; c'est un choix d'architecture qui dit quelque chose du micro en stand.

Le renversement à retenir. Les fiches de store vendent la détection des coups, « réels ou à sec », avec sensibilité réglable. En stand, c'est l'inverse qu'il faut leur acheter : le signal de départ, le par time et les séquences programmées sont fiables — c'est la détection qui ne l'est pas. Et aucune fiche ne précise les conditions d'usage où sa promesse tient.

Anthony Baillon Co-fondateur d'Oplo

La première fois que j'ai posé mon téléphone sur la tablette pour « compter mes coups », la série affichait plus de coups que mon chargeur n'en contenait : le poste voisin tirait aussi, et l'application rangeait consciencieusement ses impulsions avec les miennes. J'ai d'abord accusé l'application, puis baissé la sensibilité — et elle s'est mise à rater mes propres coups. Ce jour-là, j'ai compris que je demandais à un micro de voix de faire un travail de sonomètre.

Depuis, je m'en sers à l'envers : le téléphone donne le départ et le par time, la cible dit le reste. Les intervalles, je ne les travaille qu'en tir à sec, là où le micro n'a rien à détecter et où le par time suffit.

Signal de départ, par time et tir à sec

Voici ce qu'une application fait bien — et c'est déjà beaucoup :

  • Le signal de départ après un délai aléatoire, comme les 1 à 4 secondes qui suivent « Standby » en match1 : la seule chose qu'un tireur seul ne peut pas improviser.
  • Le par time : un second signal après une durée programmée ; tout ce qui n'est pas tiré avant est en retard. Hit Timer, gratuite, se résume à cela : « programmer un temps de travail et un intervalle max entre chaque signal sonore »13.
  • Les séquences répétées : des intervalles enchaînés pour les exercices, sans manipuler le téléphone entre deux répétitions.
  • Le tir à sec : pas de détonation, rien à détecter — le téléphone est exactement dans son élément.

Le tir à sec au par time est probablement l'usage au meilleur rapport coût-progrès du tir sportif : il ne consomme ni munitions ni créneau de stand. Il ne remplace évidemment pas le tir réel — ni, côté administratif, les trois séances contrôlées de la première demande, qui se font au stand, avec l'arme et sous contrôle.

Nous publions ici une spécification que nous n'avons lue nulle part ailleurs, parce qu'elle est la nôtre : le timer intégré à Oplo émet un signal bi-ton d'environ 430 millisecondes, refait d'après l'enregistrement d'un vrai shot timer — pas un bip système. C'est une spécification constructeur, assumée comme telle : aucune source externe ne l'établit, et ce n'est pas un standard du marché. Délai aléatoire, par time et répétitions y sont paramétrables.

Application ou timer dédié : les prix relevés

La question du prix se règle en une fourchette datée, pas en un chiffre. Au 30 juillet 2026, un timer matériel s'achète chez les revendeurs français entre 139 € TTC — le CED7000 chez Armurerie Douillet8 — et 475 € TTC — le Shooters Global connecté chez Hexagone Défense11.

Entre les deux bornes : CED7000 Gen 2 à 149 € ou 167,93 € selon le revendeur910, PACT Club Timer III à 185 €, CED ProTimer BT à 210 €9, Pocket Pro Bluetooth à 245 €10.

Le prix d'un shot timer matériel chez les revendeurs français

Prix TTC relevés en ligne le 30 juillet 2026 chez quatre revendeurs ; les applications, non représentées, vont de gratuit à quelques euros

CED7000PACT Club Timer IIICED ProTimer BTPocket Pro BluetoothShooters GlobalCED7000 — 139 € TTC, en stock sur internet chez Armurerie Douillet au 30/07/2026PACT Club Timer III — 185 € chez Deville ArmoryCED ProTimer BT — 210 € chez Deville ArmoryCompetition Electronics Pocket Pro Bluetooth — 245 € à l'Armurerie de la BourseShooters Global Training Shot Timer — 475 € TTC chez Hexagone Défense, seul prix public relevé139 €185 €210 €245 €475 €0 €125 €250 €375 €500 €

Relevé du 30 juillet 2026891011. Le CED7000 s'affiche de 139 € à 167,93 € selon la génération et le revendeur ; le Shooters Global n'a qu'un seul prix public relevé, chez Hexagone Défense — son distributeur français est un site réservé aux professionnels, sans prix publiés12. Côté applications : de gratuit13 à quelques euros, avec des achats intégrés qui montent à 59,99 $ chez certains éditeurs14.

Voir les données
ModèlePrix TTC relevéRevendeurRemarque
CED7000139,00 €Armurerie DouilletEn stock sur internet
CED7000 DAA Gen 2149,00 €Armurerie de la BourseRelevé en ligne
CED7000 GEN-2167,93 €Deville ArmoryRayon majoritairement sur commande
PACT Club Timer III185,00 €Deville ArmoryRayon majoritairement sur commande
CED ProTimer BT210,00 €Deville ArmoryRayon majoritairement sur commande
Pocket Pro Bluetooth245,00 €Armurerie de la BourseRelevé en ligne
Shooters Global Training475,00 €Hexagone DéfenseEn stock ; seul prix public relevé
Application (Hit Timer, PlinkPal…)0 € à quelques eurosApp Store / Google PlayAchats intégrés jusqu'à 59,99 $ (PlinkPal)

Que paie-t-on dans un timer dédié ? Un micro et une électronique conçus pour l'impulsion d'un coup de feu : le CED7000 annonce une mémoire de 10 séries de 99 coups, un par time au centième, huit niveaux de sensibilité et un bip de départ donné pour plus de 110 dB8. Le Shooters Global ajoute une sensibilité réglable, la compatibilité avec ou sans modérateur et une liaison Bluetooth vers une application de statistiques1112.

Côté applications, la fourchette va de gratuit — Hit Timer13 — à quelques euros, avec chez certains éditeurs des achats intégrés de 6,99 à 59,99 $14. Une réserve d'honnêteté : les deux fiches Google Play en tête des résultats de recherche français n'ont pas pu être extraites proprement lors de notre relevé ; nous ne citons donc ni leurs prix ni leurs fonctions.

Fonction Application (0 € à quelques €) Timer dédié (139–475 €)
Signal de départ à délai aléatoire Oui Oui
Par time Oui Oui, au centième affiché (CED7000)
Tir à sec et exercices Oui Oui
Détection des coups en stand Non fiable : micro saturé, tirs voisins Oui, sensibilité réglable
Mémoire de séries Selon l'application 10 séries de 99 coups (CED7000)
Temps officiel en match Non Non plus — sauf entre les mains du Range Officer

Une précision de périmètre : nous ne comparons pas ici les applications de carnet de tir — leurs fonctions, leurs prix et leurs limites sont l'objet de notre comparatif des applications de tir sportif. Seule la fonction chronomètre nous occupe.

Quels temps viser : les séries ISSF et FFTir

Un timer sans temps de référence ne mesure rien d'utile. Or les repères qui circulent — temps de dégainé, records de série — viennent de blogs sans source, et nous n'en publierons aucun. Les seuls temps opposables sont ceux des règlements, et ils suffisent largement à construire des exercices.

Au pistolet vitesse olympique 25 m : 60 coups de match en deux stages de 30, chaque stage en six séries de 5 coups — deux séries en 8 secondes, deux en 6, deux en 4, un coup par cible sur cinq cibles3. Chaque série part de la position PRÊT, bras abaissé à 45° au plus de la verticale3.

Au 25 m pistolet, la passe vitesse — le « 3/7 » — expose la cible cinq fois 3,0 secondes (tolérance −0,0/+0,2, ou lampes vertes 3,1 s), avec 7 secondes ± 0,1 entre les expositions, un seul coup par apparition ; en précision, chaque série de 5 coups dispose de 240 secondes3. Le règlement FFTir des écoles de tir renvoie explicitement à cette règle ISSF 8.7.6.44, et les temps sont identiques d'un millésime à l'autre45.

Les temps réglementaires, seule échelle sourçable

Durées des séries et des expositions — règlement ISSF édition 2025 (Second Print 07/2026) en vigueur depuis le 1er juillet 2026, règlement FFTir écoles de tir 2026

Vitesse olympique, série lenteVitesse olympique, série moyenneVitesse olympique, série rapide25 m pistolet, exposition vitesseÉcoles de tir, 5 cibles — 5 coupsDeux séries de 5 coups en 8 secondes par stage — règle ISSF 8.7.6.3Deux séries de 5 coups en 6 secondes par stage — règle ISSF 8.7.6.3Deux séries de 5 coups en 4 secondes par stage — règle ISSF 8.7.6.3Cible visible 3,0 s (−0,0/+0,2), un coup par apparition — règle ISSF 8.7.6.46 séries de 5 coups en 10 secondes, épreuve minimes — règlement FFTir ET 2026, art. 1.7.38 s6 s4 s3 s10 s0 s3 s6 s9 s12 s

Les séries de 8, 6 et 4 secondes sont celles du pistolet vitesse olympique 25 m, deux de chaque par stage de 30 coups3. L'exposition de 3 secondes est celle de la passe vitesse du 25 m pistolet, cinq apparitions espacées de 7 secondes — la règle ISSF 8.7.6.4, à laquelle le règlement FFTir renvoie explicitement34. Les 10 secondes pour 5 coups relèvent des écoles de tir FFTir : une épreuve de minimes, pas un format adulte4.

Voir les données
ÉpreuveFormatTempsRègle
25 m pistolet vitesse olympique6 séries de 5 coups par stage de 30, un coup par cible2 × 8 s, 2 × 6 s, 2 × 4 sISSF 8.7.6.3
25 m pistolet, passe vitesse (« 3/7 »)5 expositions, un coup par exposition3,0 s d'exposition, 7 s ± 0,1 d'intervalleISSF 8.7.6.4 ; FFTir ET 1.6.3
25 m pistolet, passe précisionSéries de 5 coups240 s par sérieISSF 8.7.6.4
Écoles de tir, 5 cibles basculantes (minimes)6 séries de 5 coups10 s par sérieFFTir ET 2026, 1.7.3 et 1.7.6

Les épreuves pistolet vitesse des écoles de tir ajoutent la terminologie française : « Chargez », 45 secondes de préparation, « ATTENTION », cibles au maximum 7 secondes plus tard, « Déchargez »4. Le 3/7 y suit les mêmes 3 secondes d'apparition et 7 d'effacement (art. 1.6.3), et l'épreuve 5 cibles basculantes se tire en six séries de 5 coups en 10 secondes4. Les dimensions et zones des cibles correspondantes sont détaillées dans notre guide des cibles de tir sportif.

Ces épreuves « écoles de tir » sont réservées aux minimes. Le 3/7 à 30 coups et le 5 cibles basculantes du règlement FFTir 2026 sont des épreuves de jeunes tireurs4 : n'en faites pas un format adulte. Les temps adultes correspondants sont ceux du chapitre 8 du règlement ISSF — 8/6/4 secondes en vitesse olympique, 3/7 et 240 secondes au 25 m pistolet3.

Un par time programmé sur ces durées reproduit la contrainte exacte de l'épreuve : 4 secondes pour 5 coups en tir à sec, c'est la série rapide de la vitesse olympique, sans quitter son salon.

Le hit factor : la formule

Le hit factor est le rapport entre les points d'un stage et le temps mis à le tirer : c'est lui qui classe les tireurs sur un stage en IPSC et en TSV. Sa définition, le rôle qu'il joue dans la discipline, les divisions et le facteur de puissance Minor/Major sont traités dans notre guide du TSV déjà cité — ici, nous faisons l'arithmétique.

La formule officielle tient en une ligne : la somme des meilleurs impacts exigés, « moins les pénalités, divisée par le temps total (enregistré à deux décimales) mis par le compétiteur pour terminer le parcours » — règle 9.2.1.11. Le texte est identique dans l'édition précédente : ces chiffres sont stables d'un millésime à l'autre2.

Impact ou faute Minor Major Règle IPSC (jan. 2026)
Zone A 5 5 App. B2
Zone C 3 4 App. B2
Zone D 1 2 App. B2
Plaque ou popper 5 5 App. C2 et C3
Miss — impact exigé manquant −10 −10 9.4.4
Impact sur un no-shoot −10 par impact, 2 au plus par no-shoot −10 par impact, 2 au plus par no-shoot 9.4.2 et 9.4.3
Pénalité procédurale −10 −10 10.1.2
Plancher du score de stage 0 0 9.5.5

Toutes les valeurs du tableau sortent du règlement IPSC janvier 20261, recoupé avec l'édition 20252. Une transparence au passage : le règlement technique français du TSV n'a pas été trouvé en ligne pendant notre relevé — le document fédéral 2026 disponible est un texte de sélection, sans règle de chronométrage15. Le versant technique de cet article repose donc sur le règlement IPSC, seule source millésimée disponible pour le chronométrage et le décompte.

Un exemple de hit factor, du début à la fin

Posons un stage court fictif : 6 cibles papier à 2 coups exigés chacune, soit 12 coups et 60 points maximum, en division Minor. Les impacts sont inventés ; le barème et chaque division sont, eux, vérifiables ligne à ligne.

Tireur A place 8 A, 3 C et 1 D, sans aucune pénalité : 8 × 5 + 3 × 3 + 1 × 1 = 40 + 9 + 1 = 50 points. Il termine en 7,50 secondes. Son hit factor : 50 ÷ 7,50 = 6,6667.

Tireur B est plus rapide et plus précis coup pour coup : 10 A et 1 C, soit 50 + 3 = 53 points marqués. Mais il n'a que 11 impacts pour 12 exigés : un miss, à −10 points1. Son score : 53 − 10 = 43 points, en 6,80 secondes. Son hit factor : 43 ÷ 6,80 = 6,3235.

B a le meilleur temps et le meilleur tir coup pour coup ; A a le meilleur hit factor. La suite — le passage aux points de stage — décide qui gagne.

Des hit factors aux points de stage

Le meilleur hit factor du stage reçoit le maximum de points disponibles ; tous les autres tireurs sont crédités au prorata, calculé à quatre décimales — règle 9.2.21. Ici, A prend les 60,0000 points du stage. B reçoit 60 × 6,3235 ÷ 6,6667 = 56,9112 points, soit 94,85 % du meilleur.

Plus rapide, et perdant : l'exemple recalculé

Stage fictif de 12 coups et 60 points, division Minor, barème IPSC janvier 2026 ; points de stage au prorata du meilleur hit factor

Tireur A — 7,50 s, sans fauteTireur B — 6,80 s, un miss50 points en 7,50 s — hit factor 6,6667, meilleur du stage, 60,0000 points de stage43 points en 6,80 s — hit factor 6,3235, soit 94,85 % du meilleur : 56,9112 points de stage60 pts56,91 pts0 pts15 pts30 pts45 pts60 pts

Stage fictif : 6 cibles papier à 2 coups exigés, barème officiel1. Tireur A : 8 A + 3 C + 1 D = 50 points sans pénalité, en 7,50 s — hit factor 6,6667, le meilleur du stage. Tireur B : 10 A + 1 C = 53 points, moins 10 pour le miss = 43 points, en 6,80 s — hit factor 6,3235. Points de stage de B : 60 × 6,3235 ÷ 6,6667 = 56,9112. Chaque division a été refaite pour cet article.

Voir les données
TireurImpactsPointsTempsHit factorPoints de stage
A8 A + 3 C + 1 D40 + 9 + 1 = 507,50 s50 ÷ 7,50 = 6,666760,0000
B10 A + 1 C, un miss50 + 3 − 10 = 436,80 s43 ÷ 6,80 = 6,323560 × 6,3235 ÷ 6,6667 = 56,9112

B a tiré 0,70 seconde plus vite, et perd le stage de 3,09 points : son miss lui a coûté plus que sa vitesse ne lui a rapporté. C'est exactement l'arbitrage que la section suivante met en chiffres.

Dernier maillon, souvent déformé : le hit factor classe un stage, pas le match. Le classement général s'obtient en additionnant les points de stage de tous les stages1 — un tireur peut gagner un stage au hit factor et perdre le match à la somme.

Quand un point perdu devient rentable

La formule se retourne, et c'est là qu'elle devient un outil d'entraînement. Si vous tirez P points en T secondes, votre hit factor vaut P ÷ T. Sacrifier p points en gagnant Δt secondes est rentable dès que (P − p) ÷ (T − Δt) dépasse P ÷ T — ce qui se réduit à Δt > p ÷ hit factor. C'est une dérivation algébrique de la formule officielle1 : il n'y a rien à croire, tout se recalcule.

Trois ordres de grandeur, entièrement recalculés :

  • À hit factor 4 : un point vaut 0,25 s ; un A devenu C en Minor (2 points) vaut 0,50 s ; un miss au lieu d'un A (15 points d'écart : 5 non marqués plus 10 de pénalité) vaut 3,75 s.
  • À hit factor 6 : 0,17 s le point, 0,33 s le A → C, 2,50 s le miss.
  • À hit factor 8 : 0,125 s le point, 0,25 s le A → C, 1,88 s le miss.

Ce que vaut un point perdu, en secondes

Temps à gagner pour compenser des points sacrifiés, selon le hit factor du tireur — dérivé de la formule officielle : Δt = points ÷ hit factor

Un point A devenu C en Minor (2 points) Miss au lieu d'un A (15 points)
9 s6 s3 s0 sUn point sacrifié — 0,125 s à regagner à hit factor 8Un A devenu C en Minor — 0,25 s à regagner à hit factor 8Un miss à la place d'un A — encore 1,88 s à regagner à hit factor 80,13 s0,25 s1,88 s02468 de hit factor

Dérivation algébrique de la formule du hit factor1 : avec P points en T secondes, sacrifier p points reste gagnant si le temps économisé dépasse p × T ÷ P, c'est-à-dire p ÷ hit factor. Le miss compte 15 points d'écart avec un A : les 5 points non marqués, plus les 10 de pénalité.

Voir les données
Hit factorUn pointA → C en Minor (2 pts)Miss au lieu d'un A (15 pts)
40,25 s0,50 s3,75 s
60,17 s0,33 s2,50 s
80,125 s0,25 s1,88 s

La lecture pratique tient en deux phrases. Un A devenu C se rachète en quelques dixièmes : accélérer en acceptant des C peut payer, et paie d'autant plus facilement que votre hit factor est bas. Un miss exige de regagner plusieurs secondes sur un stage qui en dure souvent moins de dix : il ne se rachète presque jamais — l'exemple de la section précédente le montre sur pièce.

Julien Mercier Relecteur technique

J'ai refait chaque division de l'exemple avant de valider, et c'est l'écart du miss qui m'a le plus servi : je le comptais spontanément à 10 points, comme la pénalité. C'est 15 — les 5 points du A qui manquent, plus les 10 de la sanction. À hit factor 6, ce ne sont pas 1,67 seconde à regagner, mais 2,50. Une bonne partie des arbitrages vitesse-précision que je croyais rentables ne le sont pas.

Splits et transitions : lire un parcours au timer

Un timer ne mesure pas « un temps » : il découpe un parcours en segments, et c'est la lecture des segments qui fait progresser. Entre le signal et le dernier coup s'enchaînent le premier coup — réaction comprise —, les intervalles entre deux coups sur la même cible (les splits), les passages d'une cible à l'autre (les transitions) et, le cas échéant, le rechargement.

Vous ne trouverez ici aucune valeur cible de split ou de transition : aucune n'est sourçable, et celles qui circulent viennent de blogs sans référence. La démarche honnête est inverse : chronométrez vos propres segments, puis serrez le par time segment par segment — c'est faisable en tir à sec avec n'importe quelle application, et cela s'intègre naturellement à un plan de progression structuré.

En tir réel, gardez la hiérarchie de cet article : le temps total d'un exercice se prend au par time — le signal de fin dit si vous étiez dans les temps —, et les splits affichés par une application en stand valent ce que vaut sa détection. Pour des segments fiables coup par coup en tir réel, c'est un timer dédié qu'il faut, avec sa sensibilité réglable811.

Timer et hit factor en résumé

Trois choses à retenir

Une application de timer excelle au départ, au par time et au tir à sec — pas au comptage. Un coup de pistolet monte à 156,3–171,1 dB de crête, un niveau qui exige du matériel de métrologie ; en stand s'ajoutent voisins, réverbération et protections. Les fiches de store promettent l'inverse de la physique.

Un timer matériel coûte de 139 à 475 € TTC — relevé français du 30 juillet 2026 —, et c'est le prix de la détection fiable. En match, ni l'application ni votre timer personnel ne comptent : seul le chronomètre du Range Officer enregistre le temps officiel.

Le hit factor se calcule à la main : (points − pénalités) ÷ temps. Le meilleur du stage prend le maximum, les autres suivent au prorata. Et un point sacrifié vaut p ÷ hit factor en secondes : les C se rachètent, le miss presque jamais.

Sources 15 références

Les règlements IPSC et ISSF ont été lus dans leur édition en vigueur au 30 juillet 2026 et recoupés avec l'édition précédente. Les serveurs officiels ipsc.org et issf-sports.org refusant les accès automatisés, les PDF ont été consultés sur des miroirs fédéraux et de clubs, pages de garde et pieds de page vérifiés ; les liens ci-dessous donnent l'éditeur officiel et, quand il le faut, la copie consultée. Les prix sont des relevés commerciaux datés, signalés par ⚠️. Cliquez un appel de note dans le texte pour surligner la source correspondante.

  1. IPSC — Handgun Competition Rules, édition janvier 2026, finalisée le 29 décembre 2025 (copie consultée sur le miroir de la région polonaise IPSC) : formule du hit factor (9.2.1.1), points de stage au prorata à quatre décimales (9.2.2), classement du match par somme des points de stage, barème des zones A/C/D (App. B2), poppers et plaques à 5 points (App. C2 et C3), miss à −10 (9.4.4), no-shoot à −10 par impact dans la limite de deux impacts par no-shoot (9.4.2 pour le papier, 9.4.3 pour le métal), pénalité procédurale à −10 (10.1.2), plancher de zéro (9.5.5), signal de départ 1 à 4 s après « Standby » (8.3.3), temps enregistré à deux décimales (9.7.1) et primauté du chronomètre du Range Officer (9.10.1).
  2. IPSC — Handgun Competition Rules, édition janvier 2025, version annotée (miroir) : recoupement d'édition — les règles 8.3, 9.2, 9.4, 9.5, 9.10 et 10.1 et le barème de l'App. B2 sont identiques entre les éditions 2025 et 2026.
  3. ISSF — ISSF Rule Book, édition 2025 (Second Print 07/2026), chapitre 8 « Pistol Rules », « Effective 1 July 2026 » en pied de page, en vigueur depuis le 1er juillet 2026 ; les règles 8.7.2, 8.7.6.3 et 8.7.6.4 y sont identiques à celles du First Print 12/2025, en vigueur du 1er janvier au 30 juin 2026 (copie du tirage antérieur consultée sur le miroir du club Tiro Alcorcón) : vitesse olympique 25 m — 60 coups, deux stages de 30, séries de 5 coups en 8, 6 et 4 secondes, un coup par cible (8.7.6.3) ; passe vitesse du 25 m pistolet — expositions de 3,0 s (−0,0/+0,2) ou lampes vertes 3,1 s, intervalles de 7 s ± 0,1, précision 240 s par série (8.7.6.4) ; position PRÊT, bras abaissé à 45° au plus de la verticale (8.7.2).
  4. FFTir — règlement Écoles de Tir 2026 (PDF, rev. 2026, fichier du 29 octobre 2025, adopté par la CNS écoles de tir le 10 mai 2025) : pistolet vitesse 3/7 — « Apparition des cibles = 3 secondes, effacement des cibles = 7 secondes » (1.6.3) ; commandements « Chargez », 45 secondes, « ATTENTION », « Déchargez », avec renvoi à la règle ISSF 8.7.6.4 (1.6.6) ; 5 cibles basculantes — 6 séries de 5 coups en 10 s (1.7.3 et 1.7.6). Épreuves réservées aux minimes.
  5. FFTir — règlement Écoles de Tir 2025 (PDF, daté du 11 mai 2024) : recoupement de millésime — mêmes temps de 3 et 7 secondes (1.6.2) et mêmes commandements que dans l'édition 2026.
  6. Meinke DK, Murphy WJ, Finan DS et al. — « Auditory risk estimates for youth target shooting », International Journal of Audiology, 2014;53 Suppl 2:S16–S25 : crêtes moyennes mesurées à l'oreille du tireur, de 157,5 à 168,8 dB SPL debout et de 156,3 à 171,1 dB assis à la table pour les pistolets, et dès 139,6 dB pour une carabine .22 (Remington 514) ; mesure réalisée au micro de métrologie d'un huitième de pouce (G.R.A.S. 40DD), gamme dynamique jusqu'à 186 dB de crête, échantillonnage à 800 kHz.
  7. OSHA — lettre d'interprétation du 30 juillet 2025 sur le bruit impulsionnel : l'exposition au bruit d'impact ou d'impulsion ne devrait pas dépasser 140 dB de crête — plafond formulé en « should » dans la norme, appliqué de longue date comme politique par l'OSHA ; mesure en crête vraie non pondérée au sonomètre ; double protection auditive recommandée selon les cas.
  8. ⚠️ Armurerie Douillet — fiche produit CED7000 Shot Timer, relevé du 30 juillet 2026 : 139,00 € TTC, en stock sur internet ; mémoire annoncée de 10 séries de 99 coups chacune, par time au centième, huit niveaux de sensibilité, bip de départ donné pour plus de 110 dB. Source commerciale : prix et fonctions annoncés par le revendeur.
  9. ⚠️ Deville Armory — catégorie « Timers & Chronos », relevé du 30 juillet 2026 : CED7000 GEN-2 à 167,93 €, CED ProTimer BT à 210,00 €, PACT Club Timer III à 185,00 € ; rayon majoritairement « sur commande ». Source commerciale.
  10. ⚠️ Armurerie de la Bourse — catégorie « Timer », relevé du 30 juillet 2026 : CED7000 DAA Gen 2 à 149,00 €, Competition Electronics Pocket Pro Bluetooth à 245,00 €. Source commerciale.
  11. ⚠️ Hexagone Défense — fiche produit Shooters Global Training Shot Timer, relevé du 30 juillet 2026 : 475,00 € TTC, en stock ; seul prix public relevé pour ce modèle. Source commerciale.
  12. ⚠️ LMA Distribution — fiche Shooters Global Training Shot Timer, réf. 06239, consultée le 30 juillet 2026 : site B2B réservé aux professionnels et aux clubs, sans prix public ; confirme le circuit de distribution français et les fonctions — bips de départ et de fin, sensibilité réglable, compatibilité modérateur, Bluetooth vers une application de statistiques.
  13. ⚠️ Apple App Store (fiche France) — Hit Timer, Tidiani Jacquot, relevé du 30 juillet 2026 : application gratuite (iOS 9.0+) qui « programme un temps de travail et un intervalle max entre chaque signal sonore » ; aucune détection de coups revendiquée. Fiche d'éditeur.
  14. ⚠️ Apple App Store (fiche US) — PlinkPal Shot Timer & Dry Fire, Tomer Fichman, v1.1.42, relevé du 30 juillet 2026 : gratuite avec achats intégrés de 6,99 à 59,99 $ ; pour le tir réel, l'éditeur propose une détection par caméra pointée sur une cible dédiée, « just like with Laser Training ». Fiche d'éditeur.
  15. FFTir — Règlement de Gestion Sportive 2026 — Tir Sportif de Vitesse (PDF du 6 février 2026) : le TSV est une discipline FFTir avec équipe de France et Championnat d'Europe Handgun en juin 2026 en Hongrie ; document de sélection, sans règle technique de chronométrage.

Le règlement en vigueur fait foi. Cet article cite les règlements millésimés applicables au 30 juillet 2026 — IPSC janvier 2026, ISSF édition 2025 Second Print de juillet 2026, FFTir écoles de tir 2026 — et des prix relevés le même jour, qui changent sans préavis. Vérifiez l'édition en vigueur auprès des fédérations avant une compétition et, pour tout ce qui touche à la détention de vos armes et munitions, la version des textes sur Légifrance et votre situation dans votre compte SIA.

Questions fréquentes

Une application de shot timer peut-elle compter les coups en stand ?

Mal, et ce n'est pas une question de qualité d'application. Un coup de pistolet a été mesuré entre 156,3 et 171,1 dB de crête, un niveau qui exige un micro de métrologie ; en stand couvert s'ajoutent les tirs des postes voisins et la réverbération, que le micro d'un téléphone n'a aucun moyen fiable d'attribuer au bon tireur. Une application reste excellente pour le signal de départ, le par time et le tir à sec — c'est comme détecteur de coups qu'elle déçoit.

Les applications de timer sont-elles interdites en compétition IPSC ?

Non, et l'affirmation qu'on lit parfois est fausse telle quelle. La règle 9.10.1 du règlement IPSC de janvier 2026 dit que seul le chronomètre manipulé par le Range Officer enregistre le temps officiel du stage. Votre application n'est donc pas bannie : son temps ne compte simplement jamais pour le classement. Le signal de départ officiel tombe, lui, entre 1 et 4 secondes après le commandement « Standby ».

Comment se calcule le hit factor ?

En une ligne : points marqués moins pénalités, divisés par le temps du stage, enregistré à deux décimales. Le meilleur hit factor du stage reçoit le maximum des points disponibles ; les autres tireurs sont crédités au prorata, calculé à quatre décimales. Un miss et une pénalité procédurale coûtent 10 points chacun, un impact dans un no-shoot 10 points aussi, dans la limite de deux impacts par no-shoot, et un score de stage ne descend jamais sous zéro.

Combien coûte un shot timer ?

Chez les revendeurs français, la fourchette relevée le 30 juillet 2026 va de 139 € TTC pour un CED7000 à 475 € TTC pour un timer connecté Shooters Global, en passant par 185 € pour un PACT Club Timer III et 245 € pour un Pocket Pro Bluetooth. Les applications, elles, vont de gratuit à quelques euros, certaines avec des achats intégrés — mais sans détection fiable des coups en stand.

Quels temps travailler avec une application de timer ?

Ceux des règlements, parce qu'ils sont les seuls sourçables. Au pistolet vitesse olympique 25 m : deux séries de 5 coups en 8 secondes, deux en 6 et deux en 4 par stage de 30 coups. Au 25 m pistolet : cinq expositions de 3 secondes espacées de 7 en passe vitesse. En écoles de tir FFTir : 5 coups en 10 secondes — une épreuve réservée aux minimes. Un par time programmé sur ces durées reproduit la contrainte de l'épreuve.

Quand un point perdu devient-il rentable ?

Quand le temps gagné dépasse la valeur du point, soit points sacrifiés divisés par votre hit factor. À hit factor 4, un point vaut 0,25 seconde et un A devenu C en Minor 0,50 seconde ; à hit factor 8, ces valeurs tombent à 0,125 et 0,25 seconde. Le miss, lui, ne se rachète presque jamais : 15 points d'écart avec un A, soit 3,75 secondes à regagner à hit factor 4.

Que valent les splits affichés par une application en stand ?

Peu de chose, parce que chaque coup détecté en trop ou en moins décale toute la série : les tirs des postes voisins s'intercalent dans vos intervalles, et vos propres coups, écrasés par la saturation du micro, peuvent passer au travers. Les segments d'un parcours — départ, transitions, rechargement — se travaillent mieux au par time et en tir à sec, dans un environnement calme que le micro d'un téléphone sait réellement mesurer.